Le bien-être n’a pas le même visage selon qu’on parle d’un homme ou d’une femme. On aime dire que “tout le monde recherche le bonheur”, mais dans les faits, les chemins empruntés, les attentes, les pressions et les codes lifestyle sont souvent très différents. Comprendre ces nuances, ce n’est pas opposer les genres : c’est mieux saisir comment chacun peut construire une vie plus harmonieuse, plus alignée, plus sereine.
Bien-être : quand le masculin se cache derrière la performance
Chez beaucoup d’hommes, le bien-être est encore associé, consciemment ou non, à la performance. Réussir, tenir, encaisser, ne pas flancher. On valorise la résistance au stress plus que l’écoute de soi. Résultat : fatigue, irritabilité, parfois burn-out, mais longtemps camouflés derrière un “ça va” mécanique.
Là où une femme aura plus facilement recours à la parole, à l’échange, à la recherche d’outils (thérapie, lectures, cercles de discussion, yoga, etc.), l’homme va souvent essayer de régler le problème en solo. C’est l’un des grands malentendus : la croyance que demander de l’aide ou ralentir serait un aveu de faiblesse.
Pourtant, les études et les témoignages convergent : les hommes qui osent intégrer des pratiques de bien-être dans leur quotidien (activité physique régulière, sommeil de qualité, temps pour eux, relations nourrissantes) ne deviennent pas “moins virils”. Ils deviennent simplement plus solides, plus stables, plus présents.
Lifestyle féminin : l’art du soin et de la connexion
Du côté féminin, le bien-être est souvent pensé comme un équilibre entre soin de soi, émotionnel et relationnel. On retrouve l’idée de rituels : soin de la peau, ambiance cocooning, bougies, lecture, carnet de gratitude, tisanes, yoga doux… Prendre soin de soi est culturellement plus accepté, parfois même encouragé.
Le lifestyle féminin s’autorise plus facilement des espaces de vulnérabilité : parler de fatigue mentale, de charge émotionnelle, de doutes, de transitions de vie. Les communautés en ligne, les groupes Facebook, les podcasts ou les comptes Instagram dédiés au développement personnel regorgent de contenus destinés aux femmes.
En revanche, cette abondance de ressources peut aussi générer une autre pression : celle d’être toujours en train de “travailler sur soi”, de s’améliorer, de cocher des listes de rituels bien-être. Là où l’homme se perd dans le déni, la femme peut parfois se perdre dans l’injonction à la perfection intérieure.
Ce que les hommes peuvent apprendre du bien-être au féminin
Sans caricaturer, il y a des pistes inspirantes. Les hommes auraient tout à gagner à :
- intégrer davantage de rituels de soin dans leur quotidien, sans les réduire à quelque chose de “superficiel”
- accorder plus de valeur à l’écoute émotionnelle : nommer ce qui ne va pas plutôt que le faire taire
- considérer le bien-être comme une base, pas comme une récompense “quand tout sera fait”
Un simple moment de pause consciente dans la journée, une routine matinale plus douce, une marche sans écran, un temps pour réfléchir à ce qu’on ressent vraiment : ces gestes, souvent associés au bien-être féminin, ont un impact tout aussi puissant sur la santé mentale masculine.
Ce que les femmes peuvent apprendre du rapport masculin au lifestyle
Inversement, le rapport masculin au concret et à l’action peut être une source d’inspiration. Beaucoup d’hommes sont plus à l’aise avec l’idée de passer par le corps (sport, mouvement, gestes pratiques) que par la parole. Cette approche “groundée” a ses vertus :
- remettre le corps en mouvement quand l’esprit tourne en boucle
- ajuster son environnement (espace de vie plus épuré, vêtements plus confortables, organisation plus simple)
- transformer des prises de conscience en actions visibles
Le bien-être ne se joue pas uniquement dans les pensées ou les ressentis, il se joue aussi dans les choix très concrets : ce que l’on porte, ce que l’on mange, comment on occupe son temps, ce que l’on accepte ou refuse dans sa vie.
Style, image et bien-être : un terrain commun
Là où les deux univers se rejoignent, c’est sur la question de l’image de soi. Qu’on soit homme ou femme, on sous-estime souvent l’impact de ce qu’on porte sur ce qu’on ressent.
Une tenue mal ajustée, un pantalon qui serre, une chemise dans laquelle on ne se reconnaît pas, des chaussures inconfortables : autant de micro-agressions quotidiennes qui érodent le bien-être. À l’inverse, des vêtements dans lesquels on se sent juste, aligné, à la bonne place, renforcent la confiance, la posture, la qualité de présence.
Pour les hommes en particulier, travailler son style n’a rien de superficiel : c’est une manière de se réconcilier avec son corps, de clarifier qui l’on veut être, d’envoyer un message cohérent au monde… et à soi-même. Pour aller plus loin, un article complet sur le bien-être masculin peut justement aider à faire le lien entre routines, état d’esprit et style personnel.
Vers un bien-être moins genré, plus personnel
Au fond, la vraie évolution se situe peut-être là : sortir d’un bien-être genré, où l’on dirait “les hommes doivent faire ceci”, “les femmes doivent faire cela”, pour aller vers quelque chose de plus nuancé, plus intime.
Un homme peut aimer les bains chauds, les bougies et la méditation guidée.
Une femme peut trouver son équilibre dans la musculation, le minimalisme vestimentaire et les défis sportifs.
L’important n’est pas de coller à une image de “bien-être masculin” ou “bien-être féminin”, mais d’oser explorer ce qui fait vraiment du bien, loin des clichés. Dans cette exploration, les codes des deux univers peuvent dialoguer : douceur et exigence, introspection et action, self-care et discipline.
En mélangeant ces dimensions plutôt qu’en les opposants, chacun peut inventer un lifestyle qui lui ressemble vraiment : élégant, cohérent, et profondément bienveillant envers soi-même.





