Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 05:15

 

Il y a 3 ans exactement, en mai 2014, je partageais avec vous le témoignage d'Amélie dans un billet que vous aviez été nombreux à apprécier et à partager : Amélie témoigne sur son burn-out professionnel.

Probablement parce que vous étiez nombreux, nombreuses, à vous reconnaître dans son histoire...

Car son histoire, c'est la mienne, c'est la vôtre, c'est celle de milliers d'autres qui ont croisé le chemin du burn-out.

 

Je n'ai jamais perdu de vie Amélie, d'abord parce qu'elle a participé à deux de mes ateliers en ligne, et surtout parce qu'elle est devenue une amie, même si nous ne nous sommes jamais rencontrées.

Je lui ai dit que les pages du blog lui seraient toujours ouvertes. Et le 24 avril dernier, par e-mail, j'ai reçu un très beau cadeau de sa part...

 

Un nouveau témoignage. Celui de sa reconstruction

 

Les mots sont précis, justes. Comme toujours lorsqu'elle prend la plume.

Là encore, elle choisi de témoigner pour partager, et redonner espoir. Mais surtout, elle le fait désormais à visage découvert, en dévoilant son vrai prénom, Gaëlle.

La boucle est bouclée.

 

Pour cela et la confiance que tu m'accordes depuis 2014, Gaëlle, merci.

 

 

"Ma chère Diane,


Cela fait un petit moment déjà qu’il me tenait à cœur de te donner de mes nouvelles, une manière aussi de transmettre un message positif et réconfortant à celles et ceux qui traverseraient de près ou de loin un burn-out.

J’ai relu mon témoignage avec beaucoup d’émotions. Je me souviens de chaque moment décrit, de cette obscurité qui était mienne. La route a été sinueuse et escarpée sur le chemin de la guérison. Il a fallu défaire les spirales de l’anxiété, de l’addiction au travail, redorer l’estime et la confiance en moi.

Me reconstruire et retrouver ma place dans la société.

Faire le deuil d’une reconnaissance professionnelle et admettre enfin que cela n’est pas dû à un manque de compétence mais seulement à un modèle de management désuet.

Se défaire du poids de la honte. Celle qui ronge chaque jour, qui te fait baisser les yeux, et dont la petite voix intérieure te répète que tu n’es pas à la hauteur, tu ne tiens pas la pression. Excès de perfectionnisme de ma part ? Ou excès de pression hiérarchique et sociale ?

 

Je ne vais pas réécrire le témoignage, tout est tellement différent aujourd’hui.

 

Dans mon sursaut d’instinct de survie, je me suis raccrochée à l’amour de ma famille.

Un soir en rentrant du travail, mon fils de 5 ans m’a tendu un mouchoir en me disant :

 

« C’est pour tes larmes de ce soir. Comme tu pleures tous les soirs, je voulais te donner un de mes mouchoirs. »

 

C’est le genre de réflexion qui vous chavire… mais vous transcende aussi.

J’ai eu soudainement envie de donner du sens à ma vie et si je ne le faisais pas pour moi, il fallait que je le fasse pour mes enfants. J’ai eu envie de leur offrir une nouvelle image de leur maman : heureuse et épanouie.

Je me suis tournée vers ce qui pourrait me réparer, me reconnecter à la vie. La méditation m’a permise de prendre du recul sur ce que je vivais et d’accepter mes émotions. J’ai ainsi appris à ramener le calme en moi et à freiner le flot de mes pensées.

J’ai accepté de vivre des moments vides : sans réflexions ni ruminations. Et j’ai réintroduit la notion de plaisir dans ma vie : savourer chaque petit bonheur, chaque petite victoire. Un vent de sérénité a enfin soufflé sur mon quotidien, et m’a peu à peu apaisé.

J’ai suivi une formation sur l’estime de soi, sur la gestion du stress dans le cadre d’un DIF. J’ai suivi des formations en ligne de Diane (gestion du temps, 3 mois pour désencombrer et alléger sa vie…).

Ces formations m'ont apportées des solutions, et m'ont ouvert d'autres champs de vision. Armée de nouveaux outils, je me suis sentie plus forte.

J'ai décidé d'aller plus loin plus pour prendre ma revanche sur la vie… Je me suis lancée dans un projet un peu fou, celui de devenir à nouveau maman.

 

Donner la vie après un burn-out, quelle formidable estocade finale à cette épreuve !

 

Je savais que ce bébé serait le symbole de ma re-naissance, le symbole d’une vie nouvelle. J'ai profité de ma grossesse pour prendre soin de moi, me chouchouter et me reconnecter à mon corps, à mes sensations.

Ma petite Lou est née en février 2016. Elle a fini de balayer les derniers doutes, les dernières angoisses. Elle a mis un point final à ma reconstruction. Elle a remis de l'ordre dans mes priorités, mes aspirations et mon chemin de vie.

Bien sûr, tout n’est pas simple, lorsqu’on se retrouve à la tête d’une famille nombreuse. Mais j’aborde mes différents rôles sereinement en mettant en application ce que j'ai appris de ce burn-out. Même si ce burn-out a été une très grande et longue souffrance, il est finalement une expérience positive et bénéfique qui a amélioré ma personnalité et ma vie.

En osant en parler et en brisant les chaînes de la honte, je me suis rendue compte que beaucoup de personnes étaient concernées par la souffrance au travail. J’ai alors pu partager mon expérience, conseiller et tendre la main à plusieurs personnes. J’ai intégré un comité de qualité de vie au travail au sein de mon entreprise. J’ai ainsi pu mettre sur la table des discussions, des problématiques vécues, pointer des processus à revoir, et replacer au cœur des organisations le facteur humain.

Forcément, je n’ai pas tout révolutionné mais j’ai pu alerter sur des souffrances passées sous silences. À mon petit niveau, j'essaie chaque fois que cela est possible d’aider, d’encourager, de conseiller des personnes en difficulté au travail. Je partage ce qui m’a permis de m'en sortir, et ce qui m’a aidé à dénouer mon mal-être au travail.

 

Ce burn-out m’a également rendue plus calme, et plus à l’écoute de mon corps. Très ancrée dans l’instant présent, je me refuse à faire plusieurs tâches à la fois. Je gère mon temps de façon plus raisonnable, c’est-à-dire en me laissant toujours une marge de manœuvre pour l’imprévu de dernière minute, et cela dans tous les domaines.

J'essaie de me garder des petites bulles de temps libre, de plaisir, indispensables à mon équilibre de vie. J’avoue pour le moment cela ne suffit pas, je manque de temps pour m’occuper de moi, de mon blog et je ne parle même pas des rendez-vous manqués chez le coiffeur. Mais je sais que je vais y revenir très vite, je ne le perds pas de vue…et cela me permet d’avoir des projets plein la tête, de la créativité et de l’ambition personnelle.

 

L'intention de se préserver, de prendre soin de soi est un formidable pouvoir.

 

L'intention permet de se recentrer sur ce qui est important pour soi et va forcément influencer nos actions, nos décisions...

 

J’ai gardé le même travail, la même hiérarchie, et ma vie de famille est plus que remplie et pourtant, je n’ai jamais été aussi sereine qu’aujourd’hui, et je n’ai jamais autant dévoré la vie. Je pose un regard détaché et plus critique sur le monde du travail et le management. J’apporte ma pierre à l’édifice mais avec une juste mesure.

 

Aussi bas que vous puissiez tomber,

aussi perdu que vous pensiez être,

aussi insoluble que puisse être votre problème professionnel,

il y a toujours, toujours des solutions.

 

Vous n’êtes pas dans une impasse, mais n’hésitez pas à demander de l'aide pour retrouver votre chemin… " 

 

Gaëlle

 

Et pour conclure ce témoignage, je tenais à rassurer les (très) nombreuses personnes, hommes comme femmes, qui m'ont contactée suite à mon récent billet sur la création de mon groupe de travail "Burn-out : Prévention et résilience".

La mise en place de ce groupe de travail a pris plus de temps que prévu, et son lancement est imminent. Encore un tout petit peu de patience ! Vous recevrez toutes les informations pratiques par mail :)

A très vite,
Diane

Groupe de travail "Burn-out : Prévention et résilience"

20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:00
Groupe de travail {Burn-out : Prévention et résilience}

Je vous en ai parlé très brièvement dans ma dernière newsletter, je suis en train de constituer un groupe de travail et de réflexion intitulé "Burn-out : Prévention et résilience".

Travaillant depuis des années sur la question du burn-out, professionnel notamment, et accompagnant un grand nombre de femmes ayant vécu un ou plusieurs épisodes d'épuisement (ou de pré-épuisement), j'avais envie, et besoin, d'aller un cran plus loin.

J'ai pu constater au fil de ma pratique qu'il n'était pas toujours facile, pour qui se retrouver confronté(e) à la réalité du burn-out, de savoir très concrètement vers qui se tourner, et de trouver les ressources, internes comme externes, soit pour s'en préserver en phase burning-out (période d'épuisement plus ou moins longue qui précède la phase statique et dévastatrice du burn-out), soit pour se reconstruire après la phase burn-out, quand elle a lieu (ce qui n'est pas toujours le cas, de nombreuses personnes restant bloquées dans la phase burning-out).

Mon ambition, à travers ce groupe de travail, est d'élaborer, progressivement et dans un même espace, diverses ressources, les plus fines, les plus pertinentes et surtout les plus utiles possibles, pour permettre à ces femmes et à ces hommes de se préserver autant que possible, de retrouver leur équilibre et de reprendre pied, avant ou après un épisode d'épuisement.

 

Ce groupe de travail sera constitué :

 

  • Principalement de personnes qui ont traversé, à titre personnel, un ou plusieurs épisodes de burn-out, et qui se sont progressivement inscrites dans un processus de résilience.
  • De personnes qui ont accompagné et soutenu un proche touché.
  • De professionnels qui oeuvrent d'une manière ou d'une autre dans le domaine de la qualité de vie au travail et de la prévention des Risques Psycho-Sociaux, et qui porte un intérêt particulier à la question du burn-out.

 

Nous prendrons le temps, sans pression, sans nous fixer d'échéances contraignantes, d'étudier différents items caractérisant les différentes phases du burn-out. En voici quelques-uns : 

 

  • Phase de prévention : prévenir un épisode de burn-out, savoir le reconnaître, apprendre à détecter les signes, pour soi comme pour ses proches, s'en préserver, le mettre à distance, ...

 

  • Phase de burning-out : prendre conscience que l'on est dans un processus d'épuisement, comment sortir du déni, entendre l'entourage, réapprendre à nourrir ses besoins, apprendre à connaître ses limites, poser ses limites, travailler sur sa relation au travail et plus globalement sur le surinvestissement professionnel, apprendre à se protéger, accepter sa propre vulnérabilité, dépasser la culpabilité, ...

 

  • Phase de l'après burn-out et de la reconstruction : comprendre les différentes étapes de cette phase, faite de hauts et de bas, phase longue, difficile, éprouvante, phase de deuil, comprendre  et accepter qu'il y a désormais un avant et un après, que rien ne sera plus jamais comme avant, redécouvrir qui on est, temporalité différente, reconnecter avec la question du sens, résilience possible, etc.

 

Ce qui m'intéresse par-dessus tout dans ce travail de fond que nous entamons, c'est le témoignage et pour ainsi dire "l'expertise", fine, précise, pointue, de celles et ceux qui l'ont vécu, qui l'ont traversé dans leur chair et qui ont dû, pour survivre, "se réinventer". 

Ce sont assurément, en effet, les meilleurs experts ! Je sais par expérience, pour les cotoyer régulièrement, qu'ils se sont globalement beaucoup documentés sur la question : une manière de reprendre la main et de mettre de la distance avec ce qu'ils ont vécu, un besoin viscéral de comprendre aussi et de rationaliser l'ouragan qui a fait voler en éclats tous leurs repères et leur ancienne carte du monde.

Leur témoignage est toujours passionnant, riche d'enseignement, et surtout en partie modélisable ! 

 

 

Quelles ressources ?

 

Rien n'est encore figé dans le marbre mais le groupe de travail et de réflexion qui est en train de se monter aura clairement pour objectif de construire, progressivement donc (nous mettrons le temps qu'il faudra, sans pression de temps), des ressources concrètes et utiles qui seront mises à disposition du grand public.

 

Parmi celles-ci : 

  • Ressources web : annuaire, contacts, bibliographie commentée..., et à terme pourquoi pas, la création d'un réseau mobilisable.
  • Recueil et diffusion de témoignages de prévention et de résilience.
  • Articles, dossiers et interviews sur les items évoqués plus haut (chacun de ces items sera abordé avec précision et exigence).
  • Création d'un livrable "Burn-out : Prévention et résilience", mis à disposition gratuitement et largement relayé.
  • Un agenda relayant événements, conférences, ateliers, etc. en lien avec le burn-out professionnel.
  • Création de PDF (fiches pratiques, exercices, outils) et d'audios, mis à disposition gratuitement.
  • Création et animation d'un groupe Facebook fermé.
  • Création d'une newsletter pour informer, partager des ressources et créer du lien.
  • Création à terme de deux programmes d'accompagnement spécifiques, un premier programme pour prévenir le burn-out et trouver les ressources pour le mettre à distance, d'une durée de 3 mois, un second, plus long (entre 6 mois et 1 an) pour se reconstruire après un burn-out.

 

L'idée de ces deux programmes sera de construire et de proposer un espace-temps bienveillant et sécurisant pour souffler, déposer ses valises, pouvoir mettre des mots sur son vécu et son ressenti, partager avec d'autres personnes qui vivent une expérience proche de la sienne, se reconnecter à ses propres ressources et renouer progressivement avec ses besoins.

Seront privilégiées la douceur, la bienveillance, la confiance, une temporalité différente, l'expression (à travers l'écriture notamment, reconnue comme un très bon outil pour se reconstruire après un burn-out - mettre des mots, mettre en mot, mettre une distance entre son vécu et soi, raconter son histoire... ).

Ces différentes ressources seront accessibles via un site dédié, actuellement en construction.

***

Si vous vous sentez concerné(e) par la question du burn-out professionnel, à titre personnel et/ou professionnel, et que vous avez envie de participer, de près ou de loin, au groupe de travail et de réflexion "Burn-out : Prévention et résilience", je vous invite à m'adresser tout simplement un e-mail (diane@dianeballonadrolland.com). 

 

Je prendrai contact avec chacun(e) de vous d'ici peu.

 

D'ici là, je vous souhaite une belle semaine !

 

23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 05:59


Burnout.jpg

 

J'ai beaucoup de plaisir aujourd'hui à partager avec vous le témoignage d'Amélie (prénom modifié), avec laquelle j'avais échangé il y a quelques mois via la page facebook de Zen & Organisée, puis que j'ai accueillie et accompagnée au cours de l'un de mes précédents ateliers "Mon temps et moi". 

Au cours de cet atelier, elle avait osé s'exprimer sur son histoire, en racontant brièvement son burn-out.
Plus récemment, et ce sont ses propres mots que je reprends, elle a commencé à écrire cette histoire, son histoire.

Elle y décrit à la manière d'un journal de bord, et de façon très juste,  les mécanismes du stress, de la fatigue. La détresse que l'on peut vivre dans une entreprise : l'obligation de résultat, de perfection, d'objectifs inatteignables, l'absence de reconnaissance.

 
Et surtout comment elle s'en est  sortie, quelles ressources elle a utilisées, quelles pistes elle a explorées.

Puis elle a eu l'idée de partager son histoire pour que cela puisse aider les autres femmes et hommes qui vivent cette expérience. Je lui ai donc ouvert le blog et je la remercie profondément pour cette confiance.


***


"Je viens de fêter mes 36 ans. Et plus que jamais, cet anniversaire a une saveur particulière. Il a le goût du renouveau, de l’envie, de la zénitude et d’une certaine forme de sagesse.

L’épreuve que j’ai traversée s’appelle le burn-out. Mais on pourrait l’appeler un ouragan ou un tsunami, parce que c’est comme une force de la nature qui se déchaine, qu’on ne voit pas arriver et qui peut tout dévaster.

 

C’est un état qui s’installe insidieusement, et qui nous grignote petit à petit.

Un stress qui monte crescendo, prend toute la place, jour et nuit, et qui conduit à une longue agonie dont on ne voit pas l’issue.

On parle souvent de burn-out chez les cadres, les chefs d’entreprises, ou les médecins urgentistes. Moi je ne suis rien de tout ça. Je suis juste « expert technique », je n’ai personne sous ma responsabilité. Mais ma vie de femme est très remplie, je suis mère de famille recomposée de 3 enfants… Ceci explique peut-être cela !

 

Dans un contexte économique difficile, le monde de l’entreprise peut être une vraie machine de guerre, un vrai bulldozer, et les dégâts collatéraux qu’il occasionne peuvent alors être considérables.

 

Ma boîte, comme beaucoup d’autres, est en difficulté. Il faut redresser la barre, travailler plus, plus vite, la pression de l’atteinte des objectifs est continue et pesante.

On me distribue des projets à mettre en œuvre à la pelle, avec des consignes peu précises et qui changent tous les jours.  

Je prends cela pour une marque de confiance. Je m’investis et travaille sans relâche.

Les objectifs l’entreprise deviennent peu à peu mes objectifs personnels. Je n’ai plus de recul.

Le temps devient mon ennemi. Mais je ne dis rien, en fait, dire « non » ne me vient même pas à l’esprit.

Les dossiers s’amoncellent, ma boîte mail déborde.

Je m’isole, je ne prends plus de pause-déjeuner.

Tout est en mode accéléré, j’ai l’impression d’avoir le vertige à longueur de journée.  

Un sentiment de honte s’empare de moi et ne me quitte plus. La honte de ne plus y arriver, de ne plus être à la hauteur, de ne plus savoir faire mon métier. Je n’ai plus confiance en moi.

A côté de cela, il y a ma vie de maman, les maladies infantiles auxquelles il faut faire face, les nuits saccadées, les devoirs, les repas, les activités, les disputes de cours de récré à régler, l’organisation de la garde avec l’ex-conjoint… Je culpabilise de ne pas arriver à tout gérer.  

 

Quand j’arrive sur mon lieu de travail le matin, il me faut 10 minutes pour quitter ma voiture, je pleure avant d’arriver à mon bureau, je pleure le soir en rentrant chez moi.

 

Je ne dors presque plus, je rédige mentalement, mes mails, mes notes de services. J’aimerais tant poser mon cerveau sur la table de nuit pour enfin dormir paisiblement, sans ruminer.

Je me dis sans cesse qu’il faut tenir, que demain, ça ira mieux, que cette situation va se régler. L’instinct de survie, sûrement…

 

Je me mets à chercher des solutions mais pas n’importe lesquelles : je veux pouvoir les puiser en moi. J’ai trop peur des traitements chimiques.

Je me mets à la méditation, chaque soir je médite au moins 5 minutes. Cette pratique est une révélation, elle m’apprend à ramener mon corps et mon esprit au calme. J’arrive alors à mieux gérer mes angoisses, et parfois à prendre du recul.  

La charge de travail est toujours très intense. Les réunions dans lesquelles je ne me sens plus à la hauteur, plus compétente,  plus à ma place, se succèdent. J’en fais des crises d’angoisse, je suis en état de panique continuellement. Chaque minute passée à mon poste de travail est une  lutte, une souffrance. Je pense alors au pire.

Heureusement, je m’accroche à l’idée que mes vacances annuelles ne sont pas loin. C’est ce qui m’aide à tenir. Je suis impatiente mais effrayée aussi : si je n’arrivais plus à déconnecter, si je n’arrivais pas à revenir après, si je craquais…

 

Dès mon arrivée sur mon lieu de vacances, je ne me sens pas bien.

Une immense fatigue s’abat sur mes épaules. J’ai de fortes migraines, des crampes. Et surtout, je constate rapidement que je ne parviens pas à couper avec mes dossiers en cours.

La première nuit, je ne parviens pas à dormir, je tourne et me retourne dans ce lit.

Je fais des exercices de respiration, mais je comprends vite que mon malaise est profond.

Le dimanche suivant, je pleure au petit déjeuner, puis à 10h, puis dans le pré, puis dans le jardin d’enfant, j’ai l’impression d’avoir un océan de tristesse à déverser.

Je décide de demander conseil au pharmacien du village qui me propose du millepertuis en comprimés. Pourquoi pas ?

Mais je me sens glisser encore, je sens le vide au fonds de moi et je déteste cette sensation.

La nuit suivante est identique à la précédente.

Je décide de me prendre en main, de me secouer et d’aller voir le médecin.

Il m’écoute patiemment. Je lui explique : une activité professionnelle accrue, le stress répété, les crises d’angoisse et de larmes de ces derniers mois.

Il me pose quelques questions. Puis il me dit d’un ton très assuré: «Vous voulez savoir ce qu’il vous arrive? C’est tout simple : vous souffrez d’un épuisement professionnel».

Il m’explique le processus, pourquoi j’en suis arrivée là: la fatigue, la vie trop intense et stressante, le travail, les enfants, et l’oubli d’être soi, de vivre aussi pour soi, sans soupape de décompression… et surtout le contraste énorme avec ce lieu de vacances, calme, en pleine nature. Arrivée à un tel niveau de fatigue, on craque, la chute est lourde et il faut alors remonter la pente.

 

Je crois que j’ai rampé et pleuré pendant une semaine, avant d’aller un peu mieux.

Puis j’ai décidé de me sauver, de donner un prix à ma vie.

J’ai suivi les consignes données dans les avions, en cas de dépressurisation : il faut mettre son masque à oxygène avant de secourir les autres. C’est finalement se mettre en sûreté avant de pouvoir sauver les autres.                  

Aujourd’hui je peux dire que je m’en suis sortie. Mais je ne serais probablement plus jamais la même. J’avance pas à pas, et j’essaie de toujours résonner au présent.

J’ai appris que la sérénité se cultive et s’entretient au jour le jour… Et les petits bonheurs simples sont les biens les plus précieux que l’on peut avoir dans sa vie.

 Avec mes loulous, on a fait un cahier des petits soleils, où l’on note un moment de bonheur, vécu seul, ou en famille que l’on a envie de garder en mémoire. On l'écrit pour ne pas l'oublier, et pour pouvoir le relire et se rappeler des belles émotions qu'on a ressenties."

                                                                                            Amélie

 

bonheur-cute-francais-french-Favim.com-520416.jpg


                      

                      Diane BALLONAD ROLLAND

                    

 

 

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi, mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

 

Je m’appelle Diane, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Gestion du temps et Equilibre de vie depuis 2010, et je suis la maman imparfaite de 3 enfants.

Je suis auteur de Magical Timing, l'art de retrouver du temps pour soi (Rustica Editions), J’arrête de procrastiner (Eyrolles), et Envie d’être zen et organisée? (Tournez la page).

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.

 

"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)

 

 

{Mes 50 mantras} PDF à télécharger gratuitement