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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 06:00
Comment s’organiser sans culpabiliser ? (article invité)

Voilà bien lontemps que je n'avais pas accueilli ici d'article invité ! Et aujourd'hui, je suis ravie d'ouvrir les pages du blog à l'une de mes "stagiaires", que j'ai eu le plaisir d'accompagner le temps d'un atelier :

Laure Jouteau, la délicieuse (et pétillante !) créatrice des Aventurières.

A l'issue de l'atelier que nous avons partagé, Laure m'a proposé d'écrire un article sur sa vision du temps. Le voici !

Diane

 

"Cet article parle de lui-même parce que… j’aurais dû l’écrire il y a plus de 9 mois !

Il y a 9 mois, j’ai fait la formation (géniale) de Diane, Bien s’organiser pour mieux travailler de chez soi, et je lui ai proposé dans la foulée de faire un article. Cet article qui paraît quasi un an plus tard.

Oui mais… c’était la grande Diane Ballonad Rolland, sa formation était brillante, son site est la référence en matière d’organisation et de gestion du temps sans culpabiliser. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir ajouter d’intéressant à sa perspective ?

Alors j’ai traîné, traîné, traîné. Repoussé cet article de mois en mois, écrit une demi douzaine de versions. Et pendant tous ces mois, il pesait sur ma conscience. Oh, pas lourd hein, quelques milligrammes de culpabilité seulement… pendant 9 mois.

Le joli paradoxe, c’est que mon métier c’est d’accompagner des femmes à monter des boîtes qui déboîtent. A libérer leur génie et de vivre (doduement) en faisant ce qui a du sens pour elles. Le plaisir qui génère l’abondance. Un plutôt chouette boulot, je ne vais pas te mentir. Un boulot qui n’inclue pas de se culpabiliser la vie pour des articles.

Et puis hier soir, ça a fait tilt : je le connais ce blocage, je le vois souvent à l’œuvre chez mes clientes : la peur du manque. Peur de manquer de talent (comme pour cet article), peur de manquer de revenus, de temps, de contacts, etc. Cette vision du monde et de ses ressources comme quelque chose de fini, comme un gâteau qu’on doit partager en tranches de plus en plus petites, a quelque chose de profondément dérangeant : la Nature ne fonctionne pas avec cette logique. Elle se fiche bien qu’on mesure le temps en minutes, en secondes et qu’on fasse des To-Do Lists et des deadlines. Elle a ses cycles, et elle crée, infiniment, abondamment.

Comme on a peur de manquer, on accumule, on amasse, et quand ça déborde, on stresse, on somatise, on décompresse.

Et si on se rappelait que l’abondance est notre état naturel, et qu’on se lâchait la grappe sur tous ces supposés manques ?

 

 

Tout ce qui ne se mesure pas, mais qui compte, tellement

 

On est dans une société de la quantité et du quantitatif. Il suffit d’entrer dans un supermarché pour le constater : on a créé et on participe à une société où ça semble une bonne idée d’avoir le choix entre 20 marques de sopalin et 60 sortes de café. On veut remplir nos journées, ne surtout pas « perdre » « gaspiller » les minutes qui passent. On parle même de temps « mort » pour décrire le temps qui n’est pas employé à faire quelque chose. Tu parles d’une vision culpabilisatrice du temps.

Idriss Aberkane en parle dans son livre « Libérez votre cerveau » : il compare la vie ‘notée’ et la vie réelle, en montrant comme on a cherché à résumer l’intelligence humaine, un objet complexe, beau et largement incompris, en la faisant rentrer dans des cases : QI, notes, évaluations, classements… pour se donner l’illusion de la maîtriser et de la contrôler.

Il en va de même avec notre argent, notre temps, notre nourriture. Nous sommes dans l’accumulation, le plus souvent au détriment de la qualité. Comme des robots, nous en faisons toujours plus. Il faut se prouver qu’on a été ‘efficace’, et remplir pour ne pas perdre une goutte de la vie. Il suffit de voir le succès des applications pour mieux s’organiser, des sites entièrement consacrés à la productivité pour le voir : nous n’avons pas envie d’être en paix avec le temps, nous voulons le dominer.

Bronnie Ware est une infirmière qui a travaillé de nombreuses années auprès de personnes en fin de vie. Elle a remarqué que ces personnes exprimaient les mêmes regrets, et a décidé de les publier pour permettre à chacun de nous de revoir nos priorités pendant que nous le pouvons. Tous ces regrets ont trait à l’être, et pas au faire. Tu peux trouver la liste complète ici, mais les deux premiers sont éloquents pour cet article :

« J'aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, pas celle que les autres attendaient de moi. »

Et « J'aurais dû travailler moins ».

Si on regarde notre vie aujourd’hui, nous sommes lancés dans une course à l’accomplissement. On veut faire des choses comme si le but de la vie était de cocher une To-Do List géante : savoir jouer ce foutu morceau de piano, avoir « fait » le tour du monde, le saut en parachute, quitté son job, écrit son livre, « fait » des enfants et les envoyer aux bonnes écoles…

On confond la fin et les moyens. On veut maîtriser et mesurer nos accomplissements. Et on en oublie l’essentiel. Le non mesurable. Le plaisir, le moment présent, l’être au lieu du faire. On réduit notre vie à des instantanés de réussite sans se s’arrêter pour en profiter. Place, place, ya pas le temps !

 

 

 

 

 

Le retour vers l’abondance

 

Ce que je voudrais te proposer, c’est de faire un constat avec moi : les ressources ne sont pas des choses objectives et mesurables. Et même quand on les mesure, c’est une opération vaniteuse, comme si la taille d’un vêtement pouvait résumer le physique d’une personne - sans même parler de sa beauté ou de sa valeur.

C’est la qualité qu’on leur applique qui compte. Je peux te citer des exemples multiples de personnes qui ont gagné énormément d’argent et tout perdu par la suite, de façon répétée, alors que d’autres qui ont objectivement moins d’argent vivent exactement comme elles le veulent.

Certaines personnes sont débordées et courent après le temps en permanence, alors que d’autres ont l’air d’avoir des journées de 36 heures et d’habiter sur un nuage bouddhiste zen.

Ce n’est pas une question de quantité, c’est une question de sentiment, et de choix. Le premier choix, c’est de reconnaître notre responsabilité face à notre temps*. Ton temps est le reflet de ce que tu crois sur le temps : qu’il n’y en a jamais assez, qu’il faut travailler dur pour réussir, que les enfants c’est la fin de la vie sociale. Quelles que soient tes croyances, ton expérience ne fera que la renforcer : c’est le biais de notre cerveau, il ‘choisit’ ce qu’il voit pour renforcer notre vision du monde.

Je ne veux pas qu’on s’arrête au temps, parce que Diane a tout bien expliqué dans son nouveau livre, Magical Timing. Ce que je voudrais, c’est que tu élargisses la vision aux autres domaines dans lesquels la peur du manque te fait adopter des comportements qui te desservent. 

Ou alors, dit autrement :

 

Si tu étais sûre de ne pas manquer de … (temps, argent, contact, confiance, idées, talent…) qu’est-ce que tu ferais ?

 

Comment se passeraient tes journées ?"

 

Retrouvez Laure sur son site www.lesaventurieres.com !

 

* Je vous apporterai, dans un tout prochain billet, un complément sur ce que j'entends exactement par "Prendre la responsabilité de son temps" ;)

Diane

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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)