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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 05:30
Faire le cadeau de son attention à l'autre {Coaching}

Cultiver une présence attentive à l'autre

Carl Honoré, journaliste canadien vivant à Londres, écrivain, chroniqueur et auteur du best-seller L'éloge de la Lenteur, s’est intéressé à la lenteur suite à une brutale prise de conscience qui, selon ses dires, "lui ouvre les yeux" : en 2004, alors en transit à l’aéroport de Londres, après avoir hésité à acheter un livre intitulé : « Comment raconter l’histoire du soir à ses enfants en moins de 60 secondes », il réalise l’absurde de la situation : celui de passer à côté de sa « vraie » vie.

Pris dans le tourbillon de la vie, sans cesse occupés à nous souvenir de ce que nous n'avons pas fait ou de ce qu'il nous reste à faire, nous avons tous expérimenté le fait d'être là sans être vraiment là, le fait d'entendre l'autre sans vraiment l'écouter. Notre difficulté à être pleinement présent, conjugué à la difficulté de l'autre à l'être pour nous, est un frein à la création d'une relation authentique et nourrissante.

La qualité d'un échange dépend de votre capacité à démontrer à l'autre un véritable intérêt pour lui et ce qu'il dit. En effet, si vous ne réagissez pas à ce qui est dit, si vous êtes concentré sur vous, voire si vous coupez la parole, vous constaterez rapidement que la discussion va se tarir.

Les véritables moments d'écoute sont rares : faites-en le cadeau à votre interlocuteur.

 

L'attention : un pur acte d'amour

« L’attention est un autre nom pour l’Amour quand celui-ci ne se contente pas d’émotions ou de bonnes volontés mais devient l’exercice quotidien d’une rencontre avec ce qui est, avec ce que nous sommes. »

Jean-Yves Leloup, Un art de l’attention

Etre attentif à l’autre, c’est lui dire Je t’aime. Je suis là pour toi. C’est lui faire passer le message : Tu es important pour moi.

L’attention que nous portons au monde, à soi, aux autres, est ce que nous avons de plus précieux. Car là où se porte votre attention, se concentrent à proportions égales votre temps et votre énergie.

Or, comme nous le savons si bien, notre temps comme notre énergie ne sont pas des ressources illimitées. Les choix que vous faisons jour après jour donc toute leur importance.

Interrogez-vous sans détour sur la qualité de l’attention que vous choisirez de porter à vous-même et aux autres.

Faites-le délibérément, en conscience.

 

{En pratique} Créer une bulle de calme pour soi et son enfant

Quel parent n'a jamais entendu son enfant lui reprocher de ne pas l'écouter ? "Tu ne m'écoutes pas !""Tu n'as rien entendu de ce que je t'ai dit !". Même tout petits, nos enfants sentent lorsque nous ne sommes pas vraiment disponibles pour eux. Et très vite, ils s'en énervent et nous le reprochent.

Ecouter vraiment son enfant, c'est "lui offrir une présence enveloppante qui crée un profond sentiment de sécurité". Et parfois, il suffit de créer entre lui et nous les conditions qui favoriseront un échange et une écoute de qualité, comme par exemple :

  • Eteindre la télévision (avez-vous remarqué combien ce seul geste ramène instantanément le calme chez soi, même temporairement ?).
  • Mettre nos smartphones (encore eux !) en silencieux.
  • Partir s'isoler tous les deux dans une pièce au calme pour discuter.
  • S'installer confortablement, même pour un échange de courte durée.
  • Montrer à l'autre sa disponibilité (physique et psychique) : "Je suis là pour toi".

 

Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et auteur de l'incontournable Tout est là, juste là (Odile Jacob, 2014), propose aux parents un petit exercice pour être sûr d'être présent :

"Quand votre enfant vous parle, centrez-vous sur les sensations que ses paroles procurent en vous. Simplement sur les sensations. Ainsi, vous vous sentirez être là. Régulièrement, assurez-vous, en vous reconnectant aux sensations corporelles, que vous n'avez pas "débranché". Au début, cela vous demandera une vigilance particulière. Puis, une fois entraîné, vous le ferez spontanément. Ce qui vous permettra de "revenir" très vite dès que vous avez dérivé de vos pensées. Un exercice valable en toutes circonstances. En couple. Avec des amis. Dans des situations professionnelles. La qualité de l'écoute change profondément la relation. A tous les niveaux. Etre en présence, c'est être authentiquement là. Pleinement là".

 

{Coaching} CETTE SEMAINE, J'ACCORDE MA PLEINE ATTENTION A L'AUTRE

 

Tout au long de cette semaine, je vous propose de vous engager à accorder votre pleine attention à l'autre, qu'il s'agisse de l'un de vos enfants, de votre conjoint, d'un(e) ami(e), d'un collègue, d'un client, d'un passant qui vous arrête en pleine rue pour demander son chemin !

Mon objectif à travers cet exercice est de vous faire expérimenter une qualité d'expérience différente de celle où nous n'accordons notre attention qu'à moitié (et parfois encore moins).

Soyez pleinement présent(e) à l'autre, écoutez-le vraiment, faites-lui consciemment le cadeau de votre attention et observez simplement ce qui se passe :

1) En vous d'abord.

  • Que remarquez-vous en vous ? Comment vous sentez-vous ?

  • Vous remarquerez probablement que vous vous sentirez plus centré, moins dispersé, peut-être plus calme aussi.

  • Quoi d'autre ?

2) En l'autre enfin. 

  • Votre interlocuteur réagit-il différemment que d'habitude ? Que percevez-vous de différent chez l'autre ?
  • Quelles sont, enfin, les difficultés que vous avez éventuellement rencontrées au terme de cette expérience d'une semaine ?

En réalité, vous constaterez rapidement qu'accorder sa pleine attention à l'autre change toute la qualité de la relation...

Expérimentez-le cette semaine concrètement et venez partager avec moi votre ressenti et me dire ce que cela a changé dans la relation.

 

Belle semaine à vous sous le signe de la présence attentive et bienveillante !

9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 07:11
En 2016, je laisse aller ce qui m'encombre ! {Rituel des ballons}


Désencombrer vous permettra de recentrer votre temps sur vos priorités et de vous réapproprier votre vie. Ne garder que ce qui vous est utile ou agréable, c'est apprendre à vous connaître, à choisir, à affirmer ce qui vous plait ou pas et l'assumer aux yeux des autres.

L'art du désencombrement, Alice Le Guiffant et Laurence Paré

 

Est-ce que vous vous souvenez du film d'animation des studios Disney Pixar Là-Haut, sorti en 2009 ?

Si vous avez eu la chance de le voir, vous vous souvenez probablement de Carl, ce vieux grincheux de 78 ans qui décida un jour, pour échapper à la maison de retraite du Grand Chêne et rester libre, d'accrocher des milliers de ballons à sa maison pour qu'elle s'envole.

Son grand rêve : partir s'installer avec sa maison (et ses vieilles affaires) près des chutes du Paradis, comme promis à sa bien-aimée disparue, Ellie, grande aventurière avec laquelle il vécut une vie heureuse. Carl s'envola sans le savoir avec le très jeune scout Russel, point de départ de cette longue aventure.

Mais ce que j'ai trouvé intéressant, au-delà de la poésie et de l'humour très présents dans le film, c'est précisément la façon dont, au fil de l'histoire, Carl a dû, pour sauver sa peau et celle de Russel, se délester, au sens propre comme au sens figuré, des vieux meubles qui lui rappelaient Ellie.

 

Le choix était là : s'accrocher au passé, aux vieux souvenirs, à ce qui n'est plus, ou les laisser derrière lui, s'alléger pour continuer à vivre et à aller de l'avant.

 

Quand on s'inscrit dans une démarche d'allègement et de désencombrement de sa vie, on se retrouve rapidement confronté à la même difficulté que Carl : celle de devoir choisir entre le passé qui n'est plus et un avenir à construire.

 

Pour bien démarrer l'année et faire un premier pas en direction d'une vie allégée, je vous propose de vous livrer à une expérience hautement symbolique et follement libératrice : celle de vous délester au sens propre de ce qui vous encombre, vous pèse, vous freine, vous limite, grâce au RITUEL DES BALLONS* !

N'hésitez pas pour cet exercice à solliciter vos enfants (neveux, petits-enfants... ) qui seront plus que ravis de "jouer" avec vous !

 

  • 1ère étape : rendez-vous dans un magasin de farces et attrapes ou dans un centre commercial bien achalandé pour y acheter les plus beaux ballons de baudruche (et idéalement de l'hélium, qui peut se commander via Internet). Choisissez-les colorés (un peu comme sur le visuel).

 

  • 2ème étape : choisissez un lieu symbolique pour vous, un lieu qui vous inspire une forme de liberté, ou de sérénité, à votre convenance. Il peut s'agir de la plage si vous habitez près de la mer, très tôt le matin par exemple, ou d'une montagne, d'un beau paysage, d'un parc, d'une rivière, etc.

 

  • 3ème étape : octroyez-vous un moment à vous, faites la liste de tout ce qui vous encombre et choisissez parmi cette liste 5 points (ou plus). Ceux qui vous parlent le plus. Ceux dont vous avez le plus envie de vous débarrasser. Ceux surtout dont vous êtes prêtes à vous délester.

 

  • 4ème étape : écrivez chacun de ces 5 points (ou plus) sur un petit bout de papier. Vous pouvez vous amuser à le formuler de la façon dont vous le souhaitez, à utiliser le stylo qui vous plait le plus (un feutre coloré, ou plusieurs feutres ?). Vous pouvez simplement noter votre point ou, si l'inspiration vous prend, vous adresser directement à ce point : "Chère pile de papiers administratifs, chaque jour en me levant, je te vois et te voir me fatigue. Je n'ai plus besoin de toi. Tu n'as plus ta place dans ma vie, je te dis "Bye Bye". Bon vent !"

 

  • 5ème étape : ouvrez votre agenda et choisissez un moment où vous pourrez vous rendre, seule ou avec vos enfants (un bon alibi si vous ne vous sentez pas super à l'aise pour faire cet exercice...), sur ce lieu.

 

  • 6ème étape : le jour J, prenez avec vous vos petits bouts de papier, vos ballons de baudruche, de la ficelle (ou du bolduc), une paire de ciseaux pour couper la ficelle ou le bolduc, et vos enfants ;-) Et vous vous en doutez en lisant ces lignes, vous allez tout simplement placer un bout de papier dans un ballon, gonfler le ballon, le fermer, l'accrocher à un bout de ficelle... et le laisser aller dans le ciel.

 

En laissant votre ballon s'envoler, accompagnez votre geste du sentiment conscient de laisser aller ce poids qui vous pèse. Ressentez pleinement ce sentiment de vous en délester.

 

  • 7ème étape : Respirez un bon coup, ne vous sentez-vous pas déjà plus légère ? N'oubliez pas de célébrer le courage que vous avez eu à jouer le jeu et à vous prêter à ce petit rituel symbolique en vous récompensant comme vous le souhaiterez.

 

Attention, rituel ultra puissant, attendez-vous à de jolies surprises dans les jours ou les semaines qui suivent cet exercice... ;-)

 

 

 

* Exercice inventé pour mon atelier en ligne 3 mois pour désencombrer et alléger sa vie, conçu en 2014 (session #4 prévue en octobre 2016)

 

 

5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 05:30

 

       

 


Le temps se fiche des montres comme de l'an quarante. D'ailleurs, il existait bien avant qu'on les ait inventées.

Etienne Klein


Fin avril dernier, Camille m'adressait pour la première fois un mail dans lequel elle me posait une question tout à fait pertinente sur la Slow life et la gestion du temps.
 
Plutôt que de lui répondre directement, j'ai eu envie, avec son accord, de partager plus largement ma réponse sur le blog, pour que vous puissiez également, si vous le souhaitez, participer au débat et me faire part de votre point de vue personnel.
 
Voici la question de Camille. 

Question qui me taraude !

Bonjour,

J'ai lu avec intérêt certains articles de votre blog car la gestion du temps est quelque chose qu'il me semble mal maîtriser.

J'ai pris conscience de l'importance de bien gérer son temps lorsque l'année passée, travaillant pour une petite structure prestaire des bailleurs sociaux en Ile-de-France, j'ai fait un burn-out. Je n'ai pas su mettre des limites dans mon travail et cela s'est retourné contre moi.

2 constats après cette période: il faut que j'arrive à mettre ces limites et gérer mon temps en m'organisant différemment, et je ne veux plus que mon temps pro prenne autant de ma place dans ma vie, je veux prendre le temps et trouver un bon équilibre entre le pro et le perso.

Depuis, j'ai quitté mon travail et suis en création d'entreprise: d'où ma vigilance concernant la gestion du temps et l'organisation personnelle. Du coup, je me renseigne et j'apprends.

J'ai une question que je souhaiterais vous poser: dans votre article présentant des astuces pour mieux gérer son temps, vous conseillez d'évaluer le temps que prennent les tâches à effectuer et de se borner à respecter le temps imparti que l'on s'est fixé en amont pour réaliser une tâche. Or, dans un autre article, vous dites que vous n'utilisez plus de montre pour prendre votre temps. Je retrouve dans ces 2 articles les contradictions qui sont souvent les miennes à l'heure actuelle: je souhaite prendre mon temps, vivre "slow", équilibrer pro et perso, mais lorsque je ne planifie rien j'ai la sensation de perdre mon temps car je laisse traîner, je reporte, parfois je me laisse déborder,...

Parfois j'ai même conscience que j'évalue très mal le temps qu'il me faut pour faire quelque chose, et du coup je me laisse dépasser et je culpabilise.

Comment donc faites-vous pour à la fois prendre le temps, tout en planifiant et en gérant votre temps (sans montre du coup ?) ? Gestion du temps et "slow life" seraient donc bel et bien compatibles, est-ce que je me torture pour rien ?

Si jamais vous preniez quelques minutes pour me répondre, je vous remercie par avance pour vos mots et votre temps !

Je vous souhaite une bonne continuation dans vos multiples activités.

Camille

 

Beaucoup de choses à dire, Camille, en réponse à ton mail ! Tellement de choses à dire que les points que j'avais envie de partager avec toi (je te tutoie... !) arrivaient pêle-mêle et se bousculaient littéralement dans ma tête ;-)
 
J'ai pris donc le temps de démêler et d'ordonner ce enchevêtrement d'idées pour que mon propos soit intelligible et j'ai donc choisi de le structurer en 3 points :
 
 
 
1- A propos de la montre
 
 
                   
 
 
Je te rassure : si en effet je ne porte plus de montre depuis bien des années, j'ai néanmoins comme bon nombre d'entre nous un téléphone portable qui n'est jamais très loin de moi, que j'emporte quasiment partout où je vais (sauf aux toilettes !).
 
Le portable me permet donc de lire l'heure, de me situer par rapport au temps mais également d'y programmer des alertes dès que j'en ai besoin (et j'en programme pas mal car elles me permettent d'alléger ma charge mentale et de libérer de l'espace disponible dans mon esprit).
 
Mais je t'avoue que je n'ai pas toujours besoin de lire l'heure sur mon portable car j'ai développé au fil des années une plutôt bonne notion du temps et je m'amuse souvent à ressentir l'heure qu'il est ! Je me trompe rarement et parviens à trouver l'heure juste, avec de temps en temps une marge d'erreur de 5 minutes ;-)
 
C'est même devenu un jeu qu'on pratique en famille ! (à l'écrire, ça fait très famille psychopathe du temps mais là aussi, je te rassure, on est plutôt cool...). 
 
 
 
2- Une histoire de Tempo Giusto avant tout
 
 
         
 
 
Quand il est question de Slow life, il ne s'agit pas évidemment de tout faire lentement et de ralentir dans chacune de nos activités. Ce ne serait tout simplement pas approprié à nos vies d'aujourd'hui.
 
Comme je l'évoquais dans un précédent billet, le « Slow » repose sur une idée très simple qui consiste à chercher la vitesse appropriée à chaque activité que nous réalisons : notre façon de nous réveiller, de faire l’amour, de travailler, de manger, de regarder la nature, de passer du temps avec nos enfants…
 
Il s'agit en fait de trouver un meilleur équilibre entre activité et repos, travail et temps libre.
 
Chercher à vivre ce que les musiciens appellent le « tempo giusto », la bonne cadence, en allant vite lorsque notre activité l'exige et en se ménageant des pauses dès qu'on le peut.
 
Chacun devrait pouvoir s’appliquer à trouver son propre « tempo giusto », le propre rythme qui lui convient, en fonction de ses propres rythmes biologiques, mais aussi en fonction de son activité ou de sa priorité du moment.
 
Pascale d'Erm l'explique très bien dans son livre Vivre plus lentement (2010, Editions Ulmer) : 
 
"Ralentir, ce n'est ni s'ennuyer, ni paresser... et encore moins être nostalgique. C'est se poser pour réfléchir, choisir, agir selon ses convictions, maîtriser son temps pour apprendre à "changer de vitesse" selon nos différentes activités. Certaines activités comme l'alimentation, les loisirs, la vie familiale, amicale... requièrent du temps pour profiter véritablement de leurs bienfaits.
En freinant un grand coup, on se réapproprie son temps personnel, et ce faisant, on parvient à ajuster ses envies avec son mode de vie réel. Au quotidien, la lenteur peut se décliner dans le travail, les rapports familiaux, amicaux, sociaux, et s'immiscer dans tous les interstices laissés vacants par le culte de l'urgence. Vivre plus lentement permet de renouer des liens plus intenses et plus authentiques, y compris avec les plus lents d'entre nous, aux deux extrémités des âges de la vie.
(...)
Mieux vaut décélérer en plusieurs paliers avant de toucher à l'essentiel : la saveur de vivre. Chacun trouvera alors son propre rythme, son "tempo giusto" comme l'appelle Carl Honoré, en hommage au tempo musical optimum pour chaque musicien, et pour chaque oreille aussi."
 
 
Ce que je veux te faire comprendre à travers cette citation, Camille, c'est bien que Slow Life et gestion du temps sont compatibles, et au-delà, je dirais même indissociables ! Le fait d'arbitrer tes priorités, qu'elles soient mensuelles, hebdomadaires ou quotidiennes, ou encore de planifier ton travail ou tes projets dans un temps défini ne s'oppose pas, bien au contraire, à la nécessité de marquer des pauses et de ralentir le tempo quand tu en ressens le besoin.
 
 


La question que l'on peut se poser est :
Quelle conception de la gestion du temps avons-nous ?


Il est évident que si l'on considère la gestion du temps comme des pratiques contraignantes qui ne visent qu'à millimétrer chacune de nos actions et à nous inscrire dans une productivité/rentabilité continue, on s'éloigne à grands pas des bienfaits du Slow dans sa vie.

La gestion du temps est intimement liée, plus que jamais aujourd'hui, à la gestion de son énergie, et plus largement à la gestion de soi.

C'est précisément le fait de bien gérer mon temps qui me permet, in fine, de prendre mon temps.

Bien loin d'ajouter à mon quotidien déjà bien chargé des contraintes supplémentaires, la gestion de mon temps m'apporte davantage de fluidité et de liberté dans l'organisation de mes journées.

Elle me permet surtout de mieux gérer mon énergie et d'économiser mes efforts, me rendant plus disponible pour saisir le "moment juste" cher à Kairos...



3- Kairos Vs Chronos : l'art de saisir le "moment juste"

 

                    

 

Le dieu grec Kairos, par opposition au dieu grec Chronos, qui est le dieu du temps physique et linéaire tel qu'on le conçoit en occident (le plus souvent symbolisé par la montre, encore elle !), est quant à lui le temps de l'occasion opportune, du "moment juste".

Le dieu grec Kairos est souvent représenté par un éphèbe aux talons et aux épaules ailés qui ne porte qu'une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à notre proximité, il y a trois possibilités :

  1. on ne le voit pas ;
  2. on le voit et on ne fait rien ;
  3. au moment où il passe, on tend la main, on « saisit l'occasion aux cheveux » et on saisit ainsi l'opportunité.

 

Kairos a donné en latin opportunitas (opportunité, saisir l'occasion).

 

Ainsi, dans le langage courant, Kairos évoque le point de basculement décisif, avec une notion d'un avant et d'un après. Le Kairos est donc "l'instant T" de l'opportunité : avant est trop tôt, et après trop tard.

 

"Maintenant est le bon moment pour agir."

 

Une notion immatérielle du temps mesurée non pas par la montre, mais par le ressenti...

 

 

           

          

 

 

8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 07:00

 

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Face au ressenti d'accélération du temps qui s'exprime ici et là, nous voici de plus en plus nombreux à vouloir ralentir.

La tentation de lever le pied et de renouer avec un rythme plus naturel et moins contraint nous tend les bras. Parfois très subtilement, tel un souffle que nous pouvons facilement ignorer pour continuer notre course. Et parfois de façon plus radicale et soudaine.

En atteste le nombre croissant d'épuisements qui touchent aussi bien les hommes que les femmes. Car oui, la vitesse épuise. Mais en avons-nous vraiment conscience ?

Et quand enfin nous parvenons, non sans mal, à en prendre conscience, nous voici confronté(e)s à un autre problème : celui de ne pas savoir, finalement, comment s'y prendre pour ralentir la cadence.

30 ans, 40 ans, voire plus à fonctionner sur le mode urgences, ça laisse des traces et ça crée des habitudes ! Habitudes alimentées et renforcées au fil du temps par notre éducation et nos croyances. Vous savez, ces mêmes croyances qui vous empêchent par exemple de vous poser, de ne rien faire (sacrilège !) et de mieux apprécier le temps présent, ou encore celles qui vous font culpabiliser à tout bout de champs dès que vous envisagez d'opposer une saine résistance à votre activisme.

Chaque jour, je rencontre et j'accompagne des personnes qui s'inscrivent, parfois timidement, parfois plus franchement, dans cette démarche de réappropriation d'un espace. Un espace pour respirer. Un espace pour souffler. Un espace pour se sentir vivre.

L'envie de ralentir est là mais parfois, la mise en application est difficile : "Comment faire ?  Par quoi commencer ? De toute façon, je n'y arriverai jamais !" Puis progressivement, avec du temps (tiens, encore celui-là !), la magie opère et on se rend compte mine de rien que notre relation au temps a changé, et avec lui, notre ressenti.

Nous devenons plus présents. A soi. Au monde. Et plus vivants.

 

Comment ralentir la cadence ?

 

Voici 3 pistes, parmi d'autres, que je propose à mes stagiaires pour ralentir (et vivre mieux) :

 

1) Observer son propre tempo

 

Avez-vous remarqué combien parfois nous nous emballons et accélérons le pas pour aller plus vite, sans même parfois nous en rendre compte ? Ne vous est-il jamais arrivé de vous surprendre à courir alors même que rien ne l'exige ? Vous savez, ces petits moments où on se dit : "Mais pourquoi je marche si vite, au fait ? Je ne suis pas en retard, je serais même plutôt en avance, cool !".

Cette accélération du temps dont il est souvent question ne provient pas uniquement "des autres". Nous sommes nous aussi à l'origine de cette perception d'accélération de notre rythme. Nous marchons vite, nous conduisons vite, nous parlons vite, nous faisons en sorte que tout puisse se faire le plus vite possible.

Or, tout n'a pas besoin de se faire dans la rapidité. Et même, certains actes nécessitent d'être effectués dans une certaine forme de lenteur. Un risotto, par exemple, ne se cuisine pas "vite", sauf si vous êtes prêt(e) à "négocier" sur le goût (il suffit de comparer un risotto maison et un "risotto minute", mot composé antinomique par excellence !).

Pourtant, dans certains cas, il suffit tout simplement de ralentir un tout petit peu le rythme pour ne plus avoir en permanence cette sensation de courir, pour sentir plus de fluidité et de douceur dans l'enchaînement de ses activités et surtout pour mettre plus d'oxygène dans son quotidien.

Comme des petites soupapes qui permettent de se poser, de reprendre son souffle puis de repartir.

Se lever 10 minutes plus tôt pour moins se presser le matin avant de partir, quitter son travail 5 minutes plus tôt pour marcher au lieu de courir pour aller chercher son enfant à l'école, manger un peu moins vite en prenant le temps de savourer son repas, boire en conscience, s'arrêter 2 minutes pour respirer calmement et clarifier son esprit avant de repartir plus serein(e), il suffit de pas grand chose pour faire une différence réelle dans notre ressenti d'accélération et d'urgence.


Prendre conscience de son tempo

Prendre conscience de son propre tempo, sans jugement, au fil de sa journée, permet déjà de prendre de la distance vis-à-vis des diktats de la vitesse.

Pour y parvenir, il vous suffit tout simplement, à partir de ce lundi qui vient, d'être attentif(ve) tout au long de cette semaine à votre tempo. Quoi que vous fassiez, au travail, à la maison, dans vos déplacements, en conduisant, en cuisinant, quand vous vous occupez de vos enfants, quand vous vous levez le matin, quand vous vous couchez, efforcez-vous de prendre conscience du rythme avec lequel vous accomplissez vos gestes. Il n'est même pas (encore) question de les ralentir. Observez.

Prenez simplement conscience, tout au long de cette semaine, du tempo avec lequel vous accomplissez chacun des gestes, chacune des actions de votre quotidien. Allez-vous vite pour tel geste, moins vite pour tel autre ?  

Prenez conscience, notez intérieurement, ne vous jugez pas et poursuivez naturellement votre route. 


2) S'octroyer chaque jour 5 minutes de silence


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Notre esprit sature, d'informations (cette fameuse infobésité), de choses à faire et à ne pas oublier, et nous ne savons plus comment appuyer sur le bouton Off et nous mettre sur pause.

Radio, TV, parfois les deux en même temps, Internet, musique, bruits extérieurs, cris dans la maison, le bruit est partout, les nuisances sonores polluent notre mental et sapent notre capacité d'attention. Ils sont d'ailleurs un facteur de stress très important, qui impacte négativement notre qualité de vie.

Ce zapping incessant ne nous aide pas à rester centré(e) et nous détourne de nos priorités et de nos besoins.

Voici un exercice à portée de chacun qui vous permettra d'expérimenter le silence chaque jour et de reposer votre mental. Simplement. 

Je vous invite donc, à travers cet exercice, à vous offrir chaque jour 5 minutes de pur silence. Ni plus, ni moins. Sans aucun autre objectif que celui d'offrir 5 minutes de répit à votre mental.

Eteignez la télé, éteignez la radio, désactivez les notifications sonores de vos outils digitaux, mettez votre portable en silencieux (et non pas en mode vibreur). S'il ne vous est pas possible de vous isoler chez vous (pour cause d' "enfants bruyants" par exemple !), essayez de le faire à votre bureau, sur la pause déjeuner par exemple, en veillant à transférer votre ligne pendant la durée de l'exercice et à fermer votre porte.

Regardez votre montre, programmez 5 minutes sur votre smartphone si vous le souhaitez et ne faites plus rien pendant 5 minutes. Ne cherchez pas à atteindre quoi que ce soit mais simplement à apprécier, si possible, cet instant de silence.

Et laissez faire.

3) Repérer (et respecter) ses "temps incompressibles"

 

La vie n'est pas faite que de moments que l'on peut condenser, pressuriser, accélérer, bâcler, survoler.

La vie, dans certains cas, a besoin de temps, comme je vous le disais dans un précédent billet, 4 bonnes raisons de prendre son temps.

Et certains temps, n'en déplaise aux plus pressés, sont incompressibles.

A ce propos, Delphine Ernotte-Cunci, Directrice Executive d'Orange France se confiait dans une interview au magazine CLES : "Il s’agit moins de ralentir que de prendre le temps d’imaginer de nouvelles façons de travailler. En vieillissant, j’apprends qu’il y a des temps incompressibles, en particulier dans les relations humaines. Communiquer, c’est compliqué. Pour bien se comprendre, il faut du temps. Considérés par certains comme inutiles, le débat, la concertation, l’interrogation collective sont en fait incontournables".

Le temps des relations humaines est en effet incompressible. Le temps de l'apprentissage également.


Quels sont vos "temps incompressibles" à vous,
ceux sur lesquels vous ne souhaitez pas, ou plus, négocier, rogner, amputer, parce qu'ils sont importants pour vous, qu'ils font sens pour vous et qu'ils méritent toute votre attention et votre temps ? 


     

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 "Pour trouver les plus beaux coquillages, il faut marcher lentement. Ralentissez." (Dominique Glocheux, Le bonheur au travail)

 

En conclusion, il me semble, à travers ma propre expérience et celle des personnes que j'accompagne sur ce précieux chemin, qu'on ne peut véritablement s'inscrire dans une démarche de ralentissement de son rythme que lorsque nous sommes prêts, vraiment, dans ses tripes et dans son âme, à changer, à nous ouvrir à autre chose, à "oser" vivre autrement.


Et à se réconcilier enfin avec un temps qui ne ressemble qu'à soi.


 

 

 

1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 05:00



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Je teste depuis un peu plus de 10 jours maintenant la nouvelle application proposée par le magazine Psychologies et développée par Teach On Mars : Méditer avec Christophe André, sortie officiellement le 23 septembre dernier.

J'avais déjà testé (et apprécié) Zéro Stress il y a tout juste un an et d'autres applications ont vu le jour depuis, dont Mieux dormir et Enfant zen : déstresser son enfant (que je vous conseille également !).

Médecin psychiatre dans le service hospitalo-universitaire de l'hôpital Sainte-Anne à Paris, Christophe André a été l'un des premiers en France à proposer, dès 2004, la méditation à ses patients. Il a par ailleurs écrit de nombreux livres sur la Pleine conscience dont son ouvrage de référence sur le thème : Méditer jour après jour (L'Iconoclaste).

"Cette pratique très simple et qui ne demande qu'un peu de persévérance, explique Christophe André, peut modifier profondément notre rapport au monde, apaiser nos souffrances et majorer nos joies."

L'intérêt d'une appli comme celle-ci est de pouvoir accéder à des séances de méditations guidées un peu partout : au travail, chez soi, dans les transports en commun, en marchant, sur un banc dans un parc, dans une salle d'attente, et même, pourquoi pas, à la caisse d'un supermarché !

 

J'ai particulièrement apprécié :

1) La possibilité, à partir d'un test proposé dès le début, de construire son parcours personnalisé parmi trois entrées possibles :

  • S'ancrer dans le présent
  • Clarifier son esprit
  • Accepter ses émotions

 

 

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2) Les 7 méditations audio guidées (avec la voix chaleureuse et apaisante de Christophe André s'il vous plait !), 6 méditations courtes (entre 3 et 8 minutes) dont "Je suis mon souffle", "J'accueille les sons" ou encore "Je ressens le bonheur", et une méditation plus longue (11 minutes), "Se rendre présent aux monde" :

"Méditer, ce n'est pas se couper du monde, mais l'habiter avec intelligence : lorsque nous méditons, nous établissons un lien avec tout ce qui nous entoure et aussi avec nous-même, et ce lien est source d'apaisement et de clarification".


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3) Les conseils pratiques (toujours utiles !) qui peuvent être écoutés (toujours avec la voix de Christophe André) ou lus et qui reviennent sur les questions que l'on se pose immanquablement quand on décide de se lancer dans la méditation : 

 

  • Pourquoi la posture est-elle importante ?
  • Quelle position adopter ?
  • Que faire de mes yeux ?
  • Comment s'installer dans la posture ?
  • Puis-je bouger ?
  • Combien de temps méditer ?

 

 

 

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Mais ce qui a attiré mon attention, au-delà de l'application, c'est le sens de la démarche de Christophe André qui, en lançant une application pour apprendre à méditer sur smartphone alors qu'il nous invite très souvent à pratiquer des Digital Détox, a surpris, voire déstabilisé certains de ses nombreux lecteurs, comme Alice  par exemple :

"Merci, Dr André mais je préfère suivre le conseil plein de bon sens que vous nous avez donné récemment : se délivrer de l'addiction aux écrans, tablettes, smartphones etc....Même si l'on ne peut se passer totalement de ces nouvelles technologies, il faut convenir qu'elles envahissent insidieusement notre quotidien et qu'il convient d'être vigilant afin de ne pas passer à côté de la vie, la vraie vie !"

Christophe André s'en est longuement expliqué sur sa page Facebook :

"Vos réactions à mon annonce d’une application de pleine conscience pour smartphone ont été très nombreuses. La plupart favorables et curieuses de découvrir le résultat. Quelques unes plus réservées et critiques. 

Merci à toutes et tous pour vos retours : vos avis sont précieux pour moi, et me permettent de mieux comprendre l’utilité de mon travail et en quoi il peut, ou non, vous aider.

Du coup, je me sens tenu de vous expliquer le pourquoi de mon choix de réaliser cette application. Au début, j’étais très réticent, et depuis plusieurs années, je refusais toutes les propositions de ce genre. Quel intérêt, puisqu’existaient déjà des livres et des CD pour s’initier ? Et puis, nous sommes déjà exposés à trop d’écrans, alors pourquoi en rajouter ?

Ce qui m’a fait changer, ce sont les demandes de beaucoup d’entre vous, notamment dans la jeune génération, qui m’ont expliqué que c’était, à leurs yeux et selon leurs habitudes, une manière simple et efficace de découvrir cet univers de la méditation. 

Dans mon esprit de praticien et d'instructeur de pleine conscience, rien ne remplace une véritable initiation, en séminaire hebdomadaire ou résidentiel. Mais je sais par expérience que pour certaines personnes, la démarche est intimidante, et que des outils permettant de découvrir cet univers sont rassurants et permettent de mieux voir si cela leur convient : ces outils peuvent être un livre avec CD, mais aussi une application de smartphone. Ils représentent bien évidemment une première étape, et non une fin en soi." (extrait)

 

Tout est dit. Il s'agit bien d'une première étape, d'un premier pas qui encourage, qui met en confiance et et qui donne envie d'aller plus loin. Seul(e) ou avec un formateur. 

 

Disponible sur AppStore et Google Play (2,99 €) 


Et pour conclure, je ne peux pas terminer ce billet sans évoquer l'application Méditation Maman Zen lancée fin juin 2014 par l'incontournable Julie de Maman Zen, qui propose également aux apprenties méditantes un Challenge Méditation Maman Zen sur Facebook dont je vous avais parlé ici même en mai 2013.

 

20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 06:00

 

Digital Detox

 

Dans la première partie de mon billet, Digital Detox (1/2), j'ai voulu prendre le temps de revenir sur ce besoin de déconnecter qui s'exprime de plus en plus à travers le monde.

Dans cette deuxième partie, je vous donne la parole (c'est le meilleur moyen de comprendre un phénomène !), et je vous livre enfin quelques pistes pour (commencer à) reprendre la main sur les nouvelles technologies.

 

Et vous, dans tout ça ?

Vous avez été nombreuses, par mail notamment, à répondre aux 4 questions que je vous ai posées via les réseaux sociaux (un comble, non ?) et à me confier votre besoin de déconnecter, en particulier durant l'été.


1)  Avez-vous parfois, souvent, des difficultés à vous déconnecter ?


"C'est clair qu'Internet peut vite devenir un piège : il y a une sorte d’exaltation  pour moi à consulter les messages de uns et des autres,  à suivre des liens, qui vont me faire cliquer sur d'autres liens... l'attrait de la nouveauté, une sensation d'omniscience et d'omnipotence,   
mais qui finit  à terme par m'épuiser et qui ne me nourrit pas vraiment... (quand j'arrête, je ne me sens pas mieux finalement)." (Judith)

***

"Je me suis rendue compte en étant "privée de téléphone portable" quelques jours que j'étais plus dispo pour mes proches, moins dans l'attente d'un message. C'est vrai que depuis quelques années, on est de plus en plus branchés. On part en vacances avec les ordi portables, du coup il est rare de ne pas l'allumer  une ou plusieurs fois par jours. Et avec Internet illimité sur les smartphones, c'est de plus en plus facile d'être ailleurs que là où l'on est. Envoyer une photo aux grands parents au lieu de prendre le temps de regarder jouer ses enfants, être dans l'attente d'un mail ou d'un texto, consulter FB...

Et puis c'est chronophage. De lien en lien à partir d'un mail on s'égare vite." (Anne-Marie)

***

"Je pense que j'aurais vraiment du mal à me déconnecter. Je n'ai pas énormément de forfait Internet sur mon smartphone et heureusement, mais je viens sur Facebook au minimum 3 fois par jour, sur mon blog idem et je suis obligée de me fixer des "temps de travail internet" à ne pas dépasser, ainsi que des "soirées sans PC"... Bref, je suis une
geek ^^^ J'ai essayé de déconnecter durant nos 4 jours de vacances cet été, je n'ai même pas réussi ! Pour le volume des emails, je filtre énormément... et je dois rater des choses intéressantes." (Marina)

***

 "Je suis de celle qui ne déconnecte jamais... Une panne d'Internet et je suis hystérique (pire que ma fille ado) !! En revanche, j'essaie de limiter le temps que je passe à mes heures perdues sur les réseaux sociaux. La première chose que je fais le matin au réveil : lire mes mails. Alors, me concernant, la Digital Detox connait pas ! Ce n'est pas pour tout de suite ou alors, contrainte et forcée (panne d'Internet, pas de Wifi ou autre)."(Martine)

***

 "Dès le matin, je regarde mes mails et Facebook, ainsi qu'à chaque moment de libre. C'est comme si ça venait "occuper" mon temps. Ceci dit, je suis partie 4 jours au Maroc au 15 août et j'avoue que ça m'a fait un bien fou de ne pas être rivée sur mon téléphone h24. J'ai d'ailleurs prolongé l'opération pendant la semaine qui suivait en vacances et c'est vrai que ça m'a procuré une sensation de légèreté. Après, bizarrement de retour, la routine Internet a repris et c'est comme si ça faisait partie de mon quotidien." (Claire)


2) Saturez-vous parfois ? Ressentez-vous le besoin de vous éloigner des réseaux sociaux et de limiter vos temps de connexion ?

 

"Oui, car finalement, je me sens parfois "esclave", comme s'il fallait que je lise tout, que je voie tout... et comme ce n'est pas possible, finalement je suis frustrée ... Il m'arrive parfois de me déconnecter avec une sensation de quasi nausée, de dégoût (un peu comme quand on a trop mangé...), on passe d'une sensation agréable  à carrément désagréable, d'autant plus qu'on se rend compte après coup qu'on a bêtement "gâché" 2 ou 3 h de sa journée  à quelque chose qui n'est ni productif, ni reposant... du temps perdu quoi !" (Judith)

***

"Il y a quelques mois j'ai décidé de ne plus allumer l'ordinateur avant telle ou telle heure et de l'éteindre quand j'avais terminé ce que je devais faire ! Un vrai gain de temps... 
Mais je n'ai pas persévéré ! A remettre en place donc !
Il faudrait que j'arrive à faire la même chose avec le téléphone portable car avec un tel objet, on est censé être forcément dans la possibilité de répondre à la minute à n'importe quelle sollicitation (appel, mail, texto). Le mien est souvent en mode silencieux ! Du coup, ça râle un peu autour de moi.
Après, il y a l'impression quand on a des enfants de devoir toujours être joignable. Me concernant, je considère assez vite les intrusions dans ma vie privée quand les gens utilisent trop mon numéro de portable.

Cette année j'ai été en formation 5 jours dans un endroit où il était difficile de capter le réseau et cela m'a fait le plus grand bien ! Le sensation d'être là où je suis et pas sur plusieurs choses en même temps." (Anne-Marie)

 

3) Pratiquez-vous, de temps en temps, souvent, des Digital Detox plus ou moins longues ? Que vous apportent-elles ? 


"Je viens d'en effectuer une de deux mois. En pleine transition professionnelle, je suis passée à un état d'hyperconnection (téléphone et Internet 24h sur 24h même le week-end) à une déconnexion totale qui m'a permis de faire un point et de me retrouver avec moi-même. Désormais, j'essaie de me déconnecter ne serait-ce qu'une ou deux heures par jour dès que j'en ressens le besoin.

La cure de détox m'a permise de me reconnecter avec moi même et effectivement de me sortir de cet état de stress ou plutôt d'impression de courir derrière le temps et quelque chose que je ne maîtrisais plus. J'ai réappris à profiter du temps passé avec ma famille, mes amis et moi-même sans avoir à être pressée en permanence et me demander ce que j'ai pu rater sur mon email ou les réseaux. Mes filles m'ont même fait la réflexion en disant un jour : "Ah tu es vraiment avec nous cette fois !"  J'ai, en somme, réappris à me réapproprier le temps. " (Thanh-Tuyen)

***

"Depuis 2 ans, chaque été je pratique 2 semaines sans connexion à Internet, ni emails, ni réseaux sociaux etc ! Et ce n’est pas difficile du tout, qu’est-ce que je me sens mieux : pas de stress dû aux emails pro (je fais cela quand je suis en congé évidemment), pas de sentiment de frustration en regardant Facebook et autre et surtout du temps, beaucoup de temps en plus, pour mes enfants, mon mari !

Le sentiment d’être vraiment présente et de ne faire qu’UNE chose à la fois ! Et ça, c’est la vrai liberté !

Par contre j’ai déjà essayé de faire de même en soirée ou en week-end, mais ça ne marche pas… On redevient vite accro." (Caroline)

***

"J'ai fait ça cet été pendant 1 mois (après avoir lu le bouquin de Thierry Crouzet) : cette fin d'année scolaire a été bérézinesque et j'étais submergée au niveau de mon boulot, au niveau de la gestion de mes trois enfants et de la maison .... et paradoxalement c'est quand je suis le plus stressée que j'ai le plus tendance  à me connecter, une fuite en quelque sorte pour oublier les turpitudes de la vie réelle ... qui soulage sur le coup mais qui ne fait qu'augmenter les difficultés tant elle est chronophage et énergiephage... bref, j'ai décidé de me recentrer sur les choses importantes.

J'ai commencé par mettre mon compte Facebook en sommeil et par supprimer les raccourcis vers mes forums préférés sur mon téléphone (trop tentant sinon), j'ai envoyé une lettre de résiliation  à toutes les newsletters qui polluaient ma boite mail, j'ai réorganisé mes favoris pour ne garder que les plus importants pour moi, et surtout, j'ai désactivé la fonction "notification push" de mon téléphone.

Très rapidement, je me suis sentie mieux, moins oppressée (l'air de rien, ne pas avoir une "twouit" toutes les heures, c'est super reposant). Je me connectais une fois par semaine seulement (le week-end) sur mes forums pour prendre des nouvelles de mes copines et répondre aux posts importants) et j'allais lire mes mails tous les 2 ou 3 jours seulement (contre chaque fois que je passais devant l'ordi ou chaque fois que mon téléphone m’interpellait d'un impérieux "twouit").

Au niveau physique, mon sommeil en a été amélioré. Le sentiment d'urgence qui m'habitait s'est estompé. J'ai retrouvé un autre rapport au temps : plutôt que de me précipiter sur mon ordi ou mon téléphone dès que j'avais 2 min de libre, je restais parfois tranquille à ne rien faire, ou à réfléchir, ou à jouer avec mes enfants.
Alors bon d'accord, j'ai loupé quelques trucs importants cet été (le remaniement ministériel et autres trucs d'actualité, je n'en ai entendu parler que cette semaine) et je n'ai pas toujours été directement joignable par sms (parce que finalement, j'avais tendance  à oublier de prendre mon téléphone) mais rien de dramatique. 
Bref, j'ai repris la main. 
Là, j'ai réactivé Facebook (pour participer à l'atelier, sinon je n'en avais même pas envie) mais j'ai ôté quasiment toutes les notifications de mon mur : il ne me reste que les infos de ma famille, celles de Zen et Organisée et Curieusement précoce parce que ce sont des choses qui sont importantes ou qui me nourrissent (une fois par semaine, quand je le choisis, je vais cliquer sur les onglets amis ou connaissance pour prendre des nouvelles et garder le lien ou élargir  un peu mes connaissances en allant lire les liens que mes amis ont posté) mais ça ne me saute plus au visage dès que je me connecte. Je ne me sens plus agressée ou obligée de de faire quoi que ce soit." (Judith)

 


4) Vous sentez-vous enfin écrasé(e) par le volume de vos emails, pros notamment ? Avez-vous mis en place des stratégies pour y faire face ?

 
"C'est clair que quand on reçoit entre 10 à 30 mails/jours, ça peut vite devenir difficile  à gérer.

J'utilise mon compte Google pour concentrer la récupération de toutes mes boîtes au lettre sur une seule.  Après, Google a déjà mis en place aussi un tri "principal, réseaux sociaux, promotions, notifications" qui fonctionne très bien et qui facilite ma lecture, je vais directement  à l'essentiel  (en plus, Google a un anti-spam très efficace, donc je ne me pose plus la question de savoir si je vais acheter une rolex ou "ehancer" mon pénis tous les jours !).

Puis, j'ai mis des filtres qui trient automatiquement les mails sans intérêt (du style factures redondantes ou pubs), du coup n'apparaissent dans ma boîte de réception principale  que les nouveaux mails ou avec des contenus ou des gens importants (parfois il y a de la perte, des mails que je n'ai pas vu mais souvent si c'est vraiment important, la personne m'appelle ou m'envoie un SMS pour me dire "tu as eu mon mail?").

Au niveau pro : j'ai un tri par mots clé qui rajoute des libellés colorés directement au mails et me permet de les classer très rapidement : c'est vraiment un gain de temps !" (Judith)

 

 

Quelques pistes pour déconnecter...

 

 

 

"Regardons autour de nous. Le dos voûté, les individus déambulent dans les rues le nez collé aux petites machines qui les connectent au monde entier. Foule anonyme mais connectée. Foule solitaire mais connectée. C'est la silhouette la plus familière de notre époque : passants penchés à l'écoute, mais de quoi ?


Le temps est venu d'apprendre à vivre avec les nouvelles technologies. Un mouvement en faveur de la «déconnexion» est en train d'émerger dans nos sociétés. Ici et là, des individus commencent à ralentir le rythme. Ils n'hésitent plus à «débrancher» temporairement leurs appareils électroniques. Leur objectif ? Reprendre le contrôle de leur vie.

 
S'appuyant sur ses lectures, de Sénèque à Thoreau, en passant par Sylvain Tesson et tant d'autres, Rémy Oudghiri pense que cette déconnexion salutaire est une possibilité de se retrouver soi-même et de remettre les livres et l'esprit au coeur de nos vies".

 

Déconnectez-vous ! Ou comment rester soi-même à l'ère de la connexion généralisée ? 

Voici la proposition bienvenue de Rémy Oudghiri, dans son livre paru en mars 2013 aux Editions Arléa, livre que je vous invite vivement à lire si le sujet vous intéresse.

Rémy Oudghiri, Directeur du Département Tendances & Insights à l'institut Ipsos, Expert en Prospective, dirige des études sur l'évolution des valeurs, des modes de vie et de consommation dans les sociétés contemporaines. 

Avec son livre Déconnectez-vous !, il nous invite à temporiser, à remettre de la mesure, de la modération dans notre rapport aux nouvelles technologies.

Et c'est bien de cela dont il est question ! Il ne s'agit pas de tourner le dos aux nouvelles technologies mais bien de trouver le juste équilibre.

Il suffit parfois de pas grand chose pour reprendre la main.

D'abord, je ne le redirai jamais assez : mettez-vous tout simplement à l'écoute de votre ressenti !

Il se peut en effet que vous soyez ultra connecté(e) et que cela ne vous pose aucun problème. Une addiction assumée et consentie et qui finalement ne gêne personne.

En revanche, quand cette hyperconnexion devient subie, quand elle envahit votre vie professionnelle, personnelle, familiale, qu'elle vous empêche de profiter pleinement de vos enfants ou de vos proches, qu'elle vous donne le sentiment de "perdre" du temps, quand vous commencez à vous sentir oppressé(e), stressé(e), angoissé(e) à l'idée de rater une info, zapper un nouveau contenu, un nouveau post, un nouveau billet, une nouvelle vidéo, il est temps de réagir et de prendre de la distance avec le virtuel.


1- Commencez petit

Commencez d'abord par vous déconnecter quelques jours (quelques heures ?) et appréciez-en les bienfaits. Ils sont immédiats : les outils numériques nous placent en situation continu d'hypervigilance.

Le fait même de déconnecter une seule journée nous ramène immédiatement au calme et à une forme retrouvée ("Comment faisions-nous avant ?") de sérénité.

Faites le test et osez vous délester de votre portable durant toute une journée (quitte à vous organiser avec vos proches en amont). Vous verrez le bien que ça fait de ne pas être joignable ! Un sentiment de liberté retrouvée, une bouffée d'oxygène qui pourra vous faire prendre conscience de l'impact de cette "laisse électronique" dans votre vie.

Idem pour les réseaux sociaux. Testez d'abord un week-end sans vous connecter et voyez comment vous vous sentez.

Avez-vous raté l'info du siècle en vous reconnectant le lundi qui suit ?

Vos amis, fans ou followers vous ont-ils bannis ou oubliés pour vous punir de votre absence de... deux jours ?

Bien évidemment que non.


2-Auto-régulez-vous !

 Dans un deuxième temps et si vous avez envie d'aller plus loin, prenez une bonne respiration et faites le point :

 

  • Qu'allez-vous cherchez exactement en allant sur Facebook, ou sur Twitter ?
  • Combien de temps êtes-vous disposé(e) à leur consacrer chaque jour ?
  • Quelles sont les notifications que vous décidez de recevoir (ou pas) ?
  • Quelles sont les (nouvelles) règles que vous pourriez décider d'adopter (Exemples : "A partir de 18h 30, on se déconnecte tous à la maison, quitte à se reconnecter plus tard, après le repas." / "Plus de connexion à partir de telle heure le soir." /"Je décide de ne plus me connecter le week-end." /"Je ne suis plus joignable par téléphone à partir d'une certaine heure."/"J'éteins mon portable ou je le mets en silencieux quand je suis au café avec un(e) ami(e) - en réunion - en rdv professionnel - etc.").
  • Qu'ai-je à gagner à réguler mes temps de connexion ? D'un point de vue quantitatif (temps "gagné") mais aussi et surtout qualitatif...

 

Bref, vous l'avez compris, libre à vous de réfléchir à la façon dont vous avez envie de vivre les nouvelles technologies : positionnez-vous en conscience !

Faites des choix, testez-les, ajustez-les, jusqu'à trouver le rythme qui vous correspond, cet équilibre dont parlait Rémy Oudghiri plus haut et qui est à notre portée.

 

 

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Signé par Zen et Organisée ! - dans Apprendre à ralentir
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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 09:50

Digital Detox

 

Voici quelques temps déjà que j'avais envie d'aborder avec vous ce sujet certes tendance, mais qui révèle, au-delà de l'effet mode incontestable, un vrai malaise et un profond besoin : celui de déconnecter définitivement ou temporairement des outils numériques qui ont envahi notre quotidien et polluent de plus en plus notre rapport à l'autre.

Je vous préviens de suite, ce sont des questions qui me passionnent depuis très longtemps et je risque quelque peu de m'étendre sur le sujet (promis, je vais tâcher de faire court) ! Le technostress, l'infobésité, l'hyperconnexion, autant de thématiques que j'aborde presque systématiquement dans mes formations en entreprises. J'anime par ailleurs une formation de deux jours sur le sujet : Reprendre la main sur sa messagerie et maîtriser le technostress.

Il faut dire aussi qu'un cadre, à titre d'exemple, reçoit aujourd’hui un volume d’informations 10 fois supérieur à ce qu’il recevait il y a 15 ans et produit environ 10 % de données de plus chaque année. Aucune entreprise n’échappe désormais à la surcharge informationnelle.

Le développement des nouvelles technologies et l'infobésité croissante ont profondément modifié nos comportements au sein de l’entreprise ainsi que notre rapport au temps.

Tous les salariés, en particulier les salariés cadres, sont aujourd’hui littéralement submergés, inondés sous les emails qu’ils ne parviennent plus à maîtriser. Pour tenter de faire face, ils consacrent un temps de plus en plus important à trier et traiter leur messagerie, en arrivant de plus en plus tôt le matin ou en partant de plus en plus tard le soir, voire en les traitant chez eux avant de partir au travail ou le dimanche soir pour bien démarrer la semaine.

Ces nouveaux comportements, cumulés à l’effacement des frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle avec l’usage presque généralisé des smartphones, génèrent ce que l’on nomme aujourd’hui le technostress : une pression croissante, ininterrompue et un sentiment continu d’urgence pouvant conduire jusqu’à l’épuisement professionnel.

Face à ce défi majeur en terme de Qualité de vie au travail, de nombreuses entreprises se sont organisées en menant une réflexion collective sur l’usage des TIC et leurs modes de communication en interne et en externe, et en adoptant le plus souvent une Charte d’utilisation des outils informatiques et nomades.

Chez Orange, par exemple, il a été défini que "les mails envoyés le soir ou le week-end n'attendent pas de réponse immédiate".

Néanmoins, agir individuellement paraît essentiel, voire indispensable, pour reprendre la main sur sa messagerie, se réapproprier la gestion de son temps comme l’organisation de son travail, et maîtriser à son propre niveau le technostress.

Mais je reviendrai dans un prochain billet sur les stratégies qu'il est possible de mettre en place au bureau pour ne plus se laisser envahir par sa messagerie.

Car aujourd'hui, c'est de Digital Detox dont j'ai envie de vous parler, dans un billet en deux temps :

  • un premier temps pour comprendre un peu mieux le phénomène,
  • et un deuxième temps, dans un billet à paraître ce samedi (la suite de celui-ci), pour évoquer quelques pistes de solutions et stratégies pour s'interroger et reprendre la main sur sa relation aux nouvelles technologies.

 

I'm ready to Unplug !

Etes-vous un(e) Digital Détox ? Faites-vous partie des 62 % des français qui ont envie de se déconnecter (Etude Havas Media Septembre 2012) ?

Et de quoi parle-t-on au juste ?

Selon l'étude Digital Detox - Tendance déconnexion de l'agence Dagobert (février 2013), "les Digital Detox sont des personnes qui ressentent l'envie de se déconnecter par besoin de renouer avec la "vraie vie", peur d'être accro, déjà droguées au web ou juste devenues anti-Internet par lassitude, les raisons sont nombreuses et poussent un grand nombre de personnes à la déconnexion".

Même les ados, ultra connectés par excellence, s'y mettent. Je viens d'ailleurs d'apprendre un peu par hasard que ma grande de 16 ans vient de désactiver son compte Facebook. Surprise et curieuse de sa démarche (alors même que je rédige ce billet), je suis allée lui demander les raisons de cette soudaine déconnexion et je vous livre ici sa réponse on ne peut plus laconique : "Parce que ça me saoûlait." Soit. Dubitative, j'oscille entre fierté et méfiance ;-)


Vous avez peut-être entendu parler du livre de Thierry Crouzet, qui a publié en 2012 aux Editions Fayard J'ai débranché. Comment revivre sans Internet après une overdose.


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Epuisé par 15 ans d’hyperactivité en ligne, ce gourou des réseaux sociaux, auteur de nombreux ouvrages sur les nouvelles technologies, est victime d’un burn-out numérique en février 2011. Pensant être victime d'une crise cardiaque qui se révèlera être une grosse crise d'angoisse, il se retrouve hospitalisé et entame une véritable cure de désintoxication qui va durer 6 mois, contraint de disparaître du net pour se sevrer.

 La réponse de ce « retraité de l’Internet » : freiner, ralentir sa vie, écarter l’inutile.

 

Ou encore, plus récemment, celui de Susan Maushart, Pause, publié aux Editions Nil en 2013 et édité en 2014 en poche chez Marabout :

"Comment trois ados hyperconnectés et leur mère (qui dormait avec son smartphone) ont survécu à six mois sans le moindre média électronique".


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Les accrocs au portable, qui confondent leur dernier smartphone avec leur doudou, ont désormais leur nom : ce sont des nomophobes. Terme apparu au Royaume Uni il y a quelques années, la "nomophobie" touche principalement les personnes, et elles sont nombreuses, qui ne supportent pas d'être déconnectées, privées de leur portable.

Les accros aux réseaux sociaux peuvent également être victimes d'un autre type de syndrôme : le syndrôme FOMO (Fear of Missing Out), littéralement la peur de manquer quelque chose.

Aux Etats-Unis, certains ultra connectés sont même prêts à payer très chers une cure de déconnexion, en allant par exemple se désintoxiquer chez reSTART, le premier centre de traitement résidentiel américain spécialisé dans les addictions à Internet.

 

Le point de vue de Yohann Rippe, du blog Detox Digitale 

Pour étayer mon billet, je suis allée interviewer Yohann Rippe, l'un des créateurs du blog Detox Digitale, qui se définit comme le Blog référence de la tendance du Digital Detox.


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Comment vous est venue l’idée de créer ce blog ?

Tout d’abord, nous sommes une bande d’amis. Cela fait presque 2 ans que l’on s’intéresse à cette tendance du fait de nos propres expériences. Tout a commencé autour d’un verre où l’on remarquait que chacun était sur son téléphone et que le but initial d’être ensemble était absorbé par nos Smartphones. De plus, chacun étant un jeune professionnel de la génération Y, les outils digitaux sont pour nous indispensables. Nous avons constaté que la barrière entre vie privée et vie professionnelle devenait floue et que nous passions beaucoup trop de temps sur internet. 

Nous avons donc pris conscience de cette hyper-connexion. Aussi, nous avons compris qu’il s’agissait d’une réflexion personnelle de son utilisation et que ce que nous pouvions faire était de la sensibilisation à travers un blog. C’est à dire,  parler le plus possible de ce débat dont la société a besoin.

 

Comment expliquez-vous ce besoin, qui s’exprime de plus en en plus fort, de déconnexion ? Phénomène de mode ou tendance de fond ?

Justement, ce besoin de plus en plus fort de déconnecter provient d’une prise de conscience d’une sur-utilisation de la part des personnes. Surtout, les médias commencent à s’emparer de ce sujet.

Le principe de se déconnecter n’est pas nouveau. Les vacances sont initialement un moment pour se déconnecter du quotidien, échapper au stress de la routine, faire une rupture avec son environnement habituel. Il en a toujours été ainsi. Sauf qu’aujourd’hui, les appareils connectés sont partout avec nous et tissent une sorte de cordon ombilical qui nous lie à notre travail, notre maison, notre famille, nos amis, etc.

Pour ces éléments-là, je dirais qu’il s’agit d’une tendance de fond. Et je crois que la déconnexion qui n’est d’ailleurs pas l’inverse de la connexion, va s’affirmer de plus en plus. Des moments de déconnexions temporaires vont s’enchainer avec des moments de connexions. Les deux vont cohabiter ensemble afin qu’il existe un équilibre qui depuis presque 10 ans n’avait jamais été aussi discuté qu’aujourd’hui.

Par contre, il peut y avoir un effet de mode, mais cela reste à confirmer sur les mois et années à venir. Nombreux sont ceux à surfer sur la vague du mot « detox » (dont nous !). Il existe du thé detox, des séjours, des tas de produits, car ce mot est à la mode et fait vendre. Certains prennent la tendance de la digital detox et la mélange à celle du vintage, du rétro, du local food, etc. On peut y voir de nombreuses associations en terme de marketing. À voir ensuite si cette tendance de la digital detox ne deviendra pas galvaudée et ne s’inscrira pas dans une tendance de déconnexion plus simple.

 

Pourquoi finalement est-ce utile, voire nécessaire, de déconnecter pour mieux reconnecter, selon vous  ?

Premièrement, il existe une multitude de raisons qui peuvent être parfois personnelles. En tout cas, de nombreuses études l’attestent et nous avons pu en faire l’expérience avec l’équipe, les moments de déconnexion permettent de faire diminuer le stress, pas forcément dans un premier temps, mais lorsqu’on en prend l’habitude. Cela nous permet de nous octroyer des moments de silence, des moments plus créatifs où l’on est plus dans le multitâche, mais où l’on va véritablement en profondeur des choses. Après des périodes de déconnexion, on revient plus serein, plus concentré et surtout plus productif. On va plus à l’essentiel dans nos actions, car on a pu en faire le bilan et prendre du recul.

Ça paraît simple dit comme ça, mais ça ne l’est pas forcément. Je me souviens au début lorsque je laissais mon téléphone à la maison et partais faire une balade le week-end, je touchais en permanence ma poche pour m’assurer que mon téléphone était là ou s’il vibrait. Parfois, ce sont des petits déclencheurs comme celui-ci qui amène à la prise de conscience.

 

Enfin, auriez-vous un ou deux conseils à donner à celles et ceux qui envisagent de réguler leur rapport aux outils numériques et qui ne savent pas encore comment s’y prendre ? Y a t’il des écueils à éviter ?

La première des choses est de réguler la présence de son téléphone dans sa vie intime, car oui, qui n’est jamais allé aux toilettes avec ? Certains dorment même avec leur précieux objet dans le lit. La première des résolutions que j’avais entreprise était de bannir mon téléphone de la chambre. Il me servait de réveil, mais c’était un prétexte pour regarder ses e-mails, aller sur Facebook, regarder quelques VDM au détriment de la personne à vos côtés si tel est le cas. Par conséquent, je me suis acheté un réveil classique (mode rétro).

Un autre conseil est celui de télécharger une application qui permet de gérer son utilisation et de la paramétrer.

Ces deux éléments peuvent être un bon début d’une nouvelle hygiène de vie digitale".

Un grand merci à Yohann (Twitter : @Detox_Digitale) pour cette mini interview !


Detox Digitale


 

Appel à témoins pour un documentaire sur la Détox Digitale pour Canal +

Heureuse coïncidence, j'ai été contactée la semaine dernière par un journaliste de l'agence Capa qui travaille avec Pierre-Olivier Labbé sur un documentaire pour Canal plus qui s'intitule "Digital Detox"

Pendant 90 jours, Pierre Olivier Labbé se déconnecte des outils numériques (smartphones, tablettes et réseaux sociaux) pour mieux gérer les flux d'informations générés par ces outils. Dans ce documentaire, une partie sera consacrée aux salariés et à l'infobésité, menant dans certains cas extrêmes au burn-out.

Pour mener à bien leur projet, ils sont à la recherche de salariés qui sont dans une situation de stress au travail, dépassés par le flux d'informations incessant généré par ces outils numériques, résidant sur Paris, et qui seraient susceptibles de témoigner dans ce documentaire. 

Si vous habitez Paris, que vous vous reconnaissez dans cet appel à témoins et que vous êtes tentés par l'expérience, merci de me transmettre vos coordonnées par mail, je transmettrai au journaliste.

  

 

*** 

Quant à nous, on se retrouve samedi pour la suite de ce billet, dans lequel je partagerai quelques-unes de vos nombreuses (et précieuses) contributions sur le sujet, mais aussi quelques stratégies toutes simples pour reprendre le contrôle sur vos technologies.

A samedi, donc ! Et en attendant, portez-vous bien.


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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 08:00

 

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Deux mois.

 

Deux mois devant nous pour reprendre notre souffle avant de nous jeter de nouveau dans le rythme fou d'une année scolaire qui défile.

Deux mois pour faire le point sur l'année qui vient de s'écouler et pour revoir son organisation, si possible en famille.

Deux mois pour faire le tri chez soi,  désencombrer tout ce que nous avons accumulé au fil des derniers mois, se délester et se libérer de l'inutile.

Deux mois enfin, et surtout, pour réveiller tout ce que nous avons plus ou moins consciemment mis en sommeil et pour renouer, il est temps, avec ce qui nous fait vibrer !


Tordre le cou aux contraintes temporelles

Profitez de l'été qui démarre à peine pour changer de rythme, briser les codes, casser avec le quotidien, faire la peau à cette routine qui finit par nous sortir par les yeux !

L'été, même si on n'est pas encore réellement en vacances, même s'il nous reste encore quelques semaines avant de partir se dorer la pilule au soleil, un seul mot d'ordre : on SIM-PLI-FIE tout ce qu'il est possible de simplifier !

Exit les horaires, nos minutes ne sont plus comptées !

Précisément parce que de septembre à juin, nos journées sont quadrillées par des contraintes de toute nature, nous avons plus que jamais besoin de décompresser durant la trêve estivale et de nous lester de tout ce que nous nous imposons à nous-même.

Bref, autorisons-nous à lâcher du lest et à mettre de côté, au moins temporairement, nos désirs (forcément insatisfaits, et pour cause) de perfection !

 

Se sentir vivant


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© Mouvement contemporain (Compagnie L'Echappée - Moqueuses)


Si j'avais un seul conseil à vous donner cet été pour recharger les batteries et (re)faire le plein d'énergie avant de retrouver votre rythme  à la rentrée, ce serait celui-ci :

 

Réveillez vos désirs !

 

Nous passons la majeure partie de l'année scolaire déconnectées de nos besoins et de nos désirs, branchées sur pilote automatique, retenant notre souffle pour tenir le rythme et n'osant pas baisser notre garde, de peur de ne pas pouvoir reprendre le fil de nos journées bien remplies.

Nous avançons anesthésiées et coupées de nos sensations, corporelles notamment. Nous sommes devenus si sérieuses, si adultes, si "respectables". Pour preuve, on fait beaucoup d'efforts dans l'année pour "faire-tout-comme-il-faut", pour "faire-tout-bien", pour "faire-ce-qu'il-faut".

Pourtant, nous sommes des êtres vivants : qu'en est-il de notre besoin, légitime, de se sentir vivre, de sentir son corps, de prendre soin de son corps, et d'être à l'écoute de tout ce qui cherche, simplement, à s'exprimer, qu'on le veuille ou non. Qu'on en ait conscience ou non.


Quid de nos émotions ? Quid de nos sensations ? Quid de notre ressenti ?

 

Marcher les pieds nus dans l'herbe fraîche

Rester 15 minutes sous la douche tiède (et faire fi, pour une fois, de nos engagements écolos)

Prendre le temps d'hydrater et de masser son corps

Tenter de refaire une roue et se rendre compte qu'on est quand même un peu rouillée (mais on ne le sait pas tant qu'on ne le tente pas)

Se remettre à courir et sentir l'énergie affluer dans tout son corps

Libérer sa créativité en peignant ce tableau qu'on rêvait de peindre

S'inscrire à trois jours de stage de danse fin juillet parce qu'on en rêve depuis longtemps et qu'on n'a jamais osé franchir le pas

Faire une course dans sa rue avec ses ados et leur montrer qu'à 40 ans, vous en avez encore dans les jambes (et ouaih !)

Chanter à tue-tête, (faux) micro à la main comme quand vous étiez adolescente et rester persuadée que vous auriez pu, avec un peu de travail, en faire carrière (ou pas)

Lézarder sur une terrasse tout en lisant le dernier Musso (Central Park !) et souhaiter que le temps s'arrête

Sortir sa robe noire à petits pois et oser la mettre même si ses jambes sont plus blanches que son lait du matin et que vous la trouvez un peu courte

Glisser un petit mot en douce à son mari et l'inviter discrètement à un dîner en amoureux (et plus si affinités) après s'être arrangée pour faire garder les (un, deux, trois) enfants

Crier (et jurer) plus fort que les hommes de la maison pendant un match de la Coupe du Monde

...

...

...

(A vous de continuer la liste !)

 

Bref, qu'attendons-nous pour nous sentir vivants ?


 

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 06:30

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"Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c'est de cela dont j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie".

Françoise Héritier, Le Sel de la vie.


J'ai plaisir à vous retrouver après trois semaines d'absence sur le blog. Quelques déplacements professionnels et une belle pneumopathie plus tard, me voici de nouveau en forme pour reprendre le fil de mes billets qui attendent patiemment leur tour...

Depuis plusieurs semaines déjà, j'ai envie de vous parler de simplicité. Mais encore ? Plus exactement du plaisir des choses simples.

Et ça tombe plutôt bien puisque deux magazines dont un que j'affectionne particulièrement ont décidé d'en faire autant.


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CLES Magazine d'abord, dans son numéro d'Avril-Mai, consacre son dossier central à la proposition suivante : "Et si on essayait la simplicité ?"

"Et si le bonheur était dans la légèreté ? Délaissant le superflu, beaucoup d'entre nous se recentrent sur les "petits riens" qui font les grandes joies. Enquête sur cette nouvelle façon de vivre où simplicité ne rime pas avec austérité mais avec plaisir".

 

Et enfin, un tout nouveau magazine, SIMPLE THINGS, à qui je souhaite longue vie ici même, est tout simplement consacré au "plaisir des choses simples". 

 

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Dans son édito, Iris Maluski, la rédactrice en chef, s'explique : 


"Qu'est-ce qui compte vraiment ?

Pourquoi donc les choses simples ? Pour répondre à cette question, il suffit de prendre un peu de recul et de s'interroger sur ce qui compte vraiment dans nos vies. Et de constater que ce sont souvent les petits riens qui nous nourrissent, car ils sont profondément porteurs de sens et qu'ils nous touchent au plus près : le rire de votre enfant, les instants de partage, une évasion à la campagne, un chemin de traverse, la préparation d'un plat entre amis... Nous aimons les choses qui perdurent et non celles qui s'évaporent au moindre coup de vent, nous aimons nous évader, observer, contempler, musarder, créer, prendre le temps...

Nous sommes de plus en plus nombreux à croire que la volonté de ralentir s'inscrit dans une tendance de fond qui s'affirme progressivement depuis une dizaine d'années. Nous voulons adopter un style de vie plus axé sur les échanges humains, le partage, la qualité plutôt que la quantité. Nous voulons être plutôt qu'avoir, nous souhaitons passer à une consommation responsable, en rupture avec une consommation irraisonnée. Affirmer que le matérialisme forcené, la course effrénée à la productivité n'est pas le passage obligé vers le bonheur.

Et nous croyons passionnément que les choses simples de la vie sont les plus gratifiantes, que s'émerveiller de petits riens est le sel de la vie et que c'est ce sel qui nous nourrit.

C'est de cet élan qu'est né Simple Things. Nos pages vous invitent à goûter à cette délicieuse parenthèse, emplie de ces fragments savoureux, sources de bien-être, d'émotion, d'inspiration, modestes suppléments d'âme de notre quotidien".

 

Inutile de vous dire que je partage cette même vision et que j'invite, dès que j'en ai l'occasion, les participantes de mes ateliers à s'interroger elles aussi sur ce qui compte vraiment pour elles, par le biais d'exercices pratiques très simples.

 

SIMPLIFIER SA VIE

S'engager dans une démarche de simplification de sa vie ne se fait pas du jour au lendemain.

C'est une démarche de long terme qui demande réflexion, patience et temps.

C'est avant tout une démarche personnelle, individuelle, mais à laquelle vous pourrez également associer vos proches, ce qui vous permettra de transformer cette démarche en une aventure collective riche d'enseignements et une formidable occasion de partager du temps ensemble !

Ne dit-on pas d'ailleurs : "Pour le meilleur et pour le pire" ?

Une famille, c'est aussi ça : partager les bons moments mais aussi se serrer les coudes et faire corps autour d'un projet commun.

La simplification, et plus spécifiquement, le désencombrement en sont un.

Elle implique de savoir d'une part quels sont nos besoins ET nos priorités et d'identifier, d'alléger ou de supprimer tout ce qui relève du superflu, de l'inutile ou de l'accessoire.

 

En matière d'organisation familiale, il suffit parfois, après les avoir listées, de reconsidérer les tâches que vous effectuez une à une et de vous demander, pour chacune de ces tâches :

  • Si vous pouvez l'envisager différemment (il existe pour chaque tâche autant de façons de faire que de personnes).
  • Si vous pouvez en confier la responsabilité à une autre personne (conjoint, enfant, femme de ménage, tiers...), bref à la déléguer.
  • Si vous pouvez l'alléger ou la simplifier.
  • Si vous pouvez tout simplement vous en passer et la supprimer de votre liste.


Prenons l'exemple concret du repassage.

Je rencontre de nombreuses femmes qui ont tout simplement décidé... de s'en passer.

Une seule décision = combien d'heures gagnées par semaine ? Faites le calcul.

Combien d'économies également si vous confiez déjà cette tâche à une tierce personne que vous rémunérez ?

En restant sur cet exemple, vous pouvez par exemple décider de vous équiper, si vous avez suffisamment de place pour l'accueillir, d'un sèche-linge. Il vous "suffira" de plier correctement le linge (ce qu'enfants et conjoint peuvent faire également) et de les ranger dans les armoires (ce qu'ils peuvent faire également, chacun sa pile, chacun son linge).

Sans pour autant supprimer le repassage dans son intégralité si le fait d'avoir un linge parfaitement repassé est important pour vous, vous pouvez décider de repasser moins. A vous donc de choisir ce qui doit nécessairement être repassé (par exemple les chemises) et ce qui n'a pas besoin de l'être.

J'ai pris ici l'exemple du repassage mais vous pouvez procéder à cet examen pour l'ensemble de vos tâches et, bien sûr, de vos obligations.

On simplifie sa vie par exemple quand on adopte le covoiturage avec d'autres parents pour certaines activités, ou le covoiturage pour aller au travail.

On simplifie sa vie quand on décide de ne pas passer l'aspirateur qu'une (à deux fois) par semaine au lieu d'une fois tous les jours (au secours !).

Etc...

D'autres idées, des pistes à partager ?

 

LE BONHEUR D'UNE VIE SIMPLE


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J'ai envie de partager avec vous une expérience à laquelle je me suis livrée cet été, alors que nous sommes partis en famille, et pour la première fois, nous reposer dans un camping en pleine nature. Nous avions tous les deux beaucoup travaillé, les enfants aussi, et avions besoin de déconnecter. Nous avons donc choisi un camping agréable mais loin de l'agitation des stations balnéaires. Et nous nous sommes retrouvés pour 15 jours dans les Cévennes, coincés entre un lac et des montagnes vertes à perte de vue. Nous avons logé dans un mobil-home (une nouvelle expérience pour nous, plutôt habitués aux locations d'appartements et aux hôtels), sans télévision et avec un accès Wifi très, très aléatoire. Mais peu importe, puisque nous étions là pour nous reposer et recharger les batteries.

Au fil de ces 15 jours, nous avons particulièrement apprécié (surtout mon mari et moi) de ne rien faire... du tout. Juste lire. Faire la sieste. Piquer de temps en temps un plongeon dans la piscine (plus les enfants que nous). Partir de temps en temps pour aller prendre un café (mon addiction à moi) dans la ville la plus proche. Manger. Point barre. Nous avons passé nos soirées à jouer à 5 (baccalauréat, etc...), à discuter, à lire (encore), à écrire (plutôt moi), et pour la plus petite, à regarder un film en dvd (j'avoue avoir pris mon ordi mais l'ai très peu utilisé, sauf pour diffuser les quelques dvd que j'avais pris soin d'emporter) quand nous organisions une "soirée cinéma". Bref, tout ça pour dire que nous n'avons que rarement été aussi heureux et j'ai pris conscience, au cours de cette expérience, que nous n'avions réellement besoin de pas grand-chose pour se sentir bien et heureux. Nous avions emporté le strict nécessaire : de quoi nous habiller, de quoi nous laver et nous faire une petite beauté (maquillage et vernis pour les filles) les jours où nous sortions, de quoi nous occuper un peu (pour mon mari et moi, quelques livres, un grand cahier tout neuf pour moi, de la musique et la DS pour les grands - oui quand même, et c'est tout).

A partir du moment où nous pouvions faire quelques courses et nous nourrir correctement, et être tout simplement ensemble, nous n'avions réellement besoin de rien d'autre. Cela m'a aussi permis de remettre le doigt, même si je le fais régulièrement, sur mes besoins profonds.


Je sais pour ma part que pour me sentir bien, j'ai besoin :

  • d'être avec ma famille (je sens bien que ça coince quand je suis en déplacement par exemple).
  • d'avoir du temps pour lire, écrire et réfléchir (depuis toujours).
  • d'aller au café (étonnant, je sais, mais fondamental pour moi, une vraie philosophie de vie).
  • de manger et idéalement, de me faire plaisir en mangeant.
  • de m'épanouir professionnellement.

 

C'est à peu près tout. Et vous ?

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 07:00

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Est-ce un hasard si le magazine Clés (dont je ne loupe pas un numéro) consacre son dossier central à ce qui est bien plus qu'une lubie à la mode :

S'alléger pour se sentir vivre ?


"Nos vies et nos têtes débordent de choses à faire, d'objets à posséder, d'expériences à tenter, de nouveautés à découvrir... Essorés par les sollicitations permanentes, nous arrivons à saturation. Et si nous revenions à l'essentiel ? (...) Qu'il s'agisse de vider son armoire, son agenda, ses listes de choses à faire, bref se libérer l'esprit des fausses exigences".

"Noyés dans la masse d'informations et d'actions possibles qui stimulent notre corps, notre intellect, notre sens moral et nos désirs (d'expériences, d'émotions, de connexions et d'objets, notamment high-tech), nous sommes frappés par une sorte de surcharge tétanisante. Résultat : quelque soient nos âges, métiers, statuts, richesses ou lieux de vies, nous ressentons un immense besoin de nous alléger."


Un besoin qui ne concerne pas uniquement les femmes et les mères surmenées mais bien tout le monde, hommes comme femmes, et qui explique la résonance, depuis quelques années déjà, du mouvement Slow dans toutes les sphères de la vie : Slow food, Slow cities, Slow management, Slow sex, Slow parenting, etc... et de livres qui ouvrent la voie, comme les best-sellers de Dominique Loreau, avec L'Art de l'Essentiel ou encore L'Art de la Simplicité.


Le magazine Clés nous invite à nous (re)poser des questions que nous ne nous prenons plus le temps de nous poser, tant nous sommes pris dans le tumulte de nos vies et l'infobésité croissante :

"Aujourd'hui, nos vies et nos têtes débordent tant que nous ne sommes même plus capables de réfléchir ni de trouver des réponses à des questions simples :

- De quoi ai-je besoin ?

- Qu'est-ce qui ferait plaisir à ceux que j'aime ?

- Qu'est-ce qui est légitime et juste ?"


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Alors quoi faire ?

 

En premier lieu, résister à cette "société des trois T" : "Trop, Trop vite, Tout de suite !"

Bien malgré nous, et bien que la société subisse de plein fouet une crise écnomique grave, nous nageons dans une surabondance de choix qui vire parfois à l'écoeurement : trop, c'est trop !

 

Deux conséquences majeures à cette surabondance de choix :

L'encombrement évident de notre temps.

- Notre difficulté, voire parfois notre incapacité à faire le tri entre les multiples sollicitations dont nous faisons l'objet chaque jour, dans tous les domaines de notre vie.

 

Engouffrés dans cette hyperconsommation devenue le loisir de la majorité d'entre nous, notre vie est devenue un choix permanent.

Et face à une société mercantile qui n'a de cesse de nous créer chaque jour de nouveaux besoins avec une créativité étonnante et sans bornes, nous ne savons plus, en définitive, distinguer ce qui nous est essentiel de ce qui n’est qu’accessoire.

Parallèlement à cette consommation outrancière, le culte de l'urgence a envahi tous les bastions de notre vie. En un demi-siècle, l'émergence des nouvelles technologies a profondément modifié notre rapport au temps en nous plongeant dans une logique d'instantanéité.

Aujourd’hui, nous passons notre temps, en mode réactivité, à gérer l’urgent, ou à nous concentrer sur l’immédiateté. Il s’agit de faire cuire les pâtes en 3 minutes, le riz précuit en 2 : tout doit aller vite, tout le temps.

 

En réaction à cette "société des trois T" et face à la multiplication de nos rôles et nos mandats, il est essentiel, pour qui veut garder la main, d’apprendre à faire des choix et à prioriser.

Le fait de définir consciemment vos priorités, sans vous laisser porter par le courant, va vous aider à vous orienter face aux nombreuses sollicitations et obligations « imposées » par l’extérieur et à faire des choix.

 

Car arbitrer des priorités, c’est avant tout savoir différencier l’essentiel de l’accessoire, c’est-à-dire, comme le dit si bien Claudie Arsenault, coach canadienne en conciliation travail/famille :

  • S’affirmer face à ses choix, ses valeurs, ses besoins.
  • Choisir ses mandats
  • Détecter la pression que l’on se met soi-même
  • Se poser régulièrement la question : « est-ce que j’ai besoin de faire ça ? Est-ce vraiment nécessaire ? »
  • Alléger sa vie dans tous les domaines quand c’est possible (espace, relations, activités, temps…)
  • Faire le tri entre le superflu et l’essentiel.
  • Faire la différence entre l’urgence et l’importance
  • Faire la différence entre le « trop » et le « assez » (et alléger, c’est déjà se poser la question de ce qui est « assez » pour soi)
  • Apprécier de que l’on a déjà dans sa vie (cette fameuse notion de gratitude)
  • Consommer moins
  • Laisser de côté ce qui ne donne pas un sens à sa vie
  • Rester fidèle à ses choix de vie et à ses valeurs et ne pas adopter celles des autres, qui ne nous conviennent pas nécessairement.

 

 Je fais le point :   Se recentrer sur "son" essentiel ?

Pour parvenir à différencier l'essentiel de l'accessoire et faire le tri en toute sérénité, je me donne le temps de la réflexion avant de répondre aux sollicitations de toute nature.

Ainsi, avant de m'engager dans une action, je me pose quelques minutes et je me donne un temps de la réflexion pour répondre aux questions suivantes :

  

- Cette sollicitation dont je fais l'objet (ou cette action) est-elle importante pour moi ?


 - Sur l'échelle de mes priorités, entre 1 et 10, à quel niveau je la place ?


 - Fait-elle partie des objectifs que je me suis fixés, du cap que je me suis tracé ?


 - Ai-je besoin d'y répondre maintenant ?


 - Quelles conséquences (pour moi, pour autrui) si je n'y réponds pas maintenant ? Si je n’y donne pas suite ? 

 


 Quelques articles pour aller plus loin : 


- Savez-vous déconnecter ?

- Trouver du sens, retrouver du temps

- Apprendre à ralentir et à trouver son Tempo Giusto

- Se réapproprier son temps, selon Sénèque


 

 

 

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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)