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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:31

Courir après le temps 

« Maman est trop pressée »

Connaissez-vous cette petite histoire joliment intitulée "Maman est trop pressée", dans laquelle la maman du petit Ivan courait tout le temps, chaussée de ses baskets supersoniques pour aller encore plus vite, au point de s’emmêler les pinceaux (en embrassant le directeur d'école au lieu de son fils le matin) et d’oublier les choses essentielles comme embrasser ou câliner Ivan, en lui disant à longueur de journée « Pêche-toi, Pêche-toi ! » (plus rapide à dire que "Dépêche-toi !"), jusqu’à ce qu’Ivan « tombe malade de lenteur » ?

Cette fable moderne, qui je vous rassure finit bien, est tirée du précieux livre Cent histoires du soir (Marabout, 2005) de Sophie Carcain. Je la lisais très souvent à mes deux premiers enfants, à leur demande, au moment du coucher. Ils avaient respectivement 7 et 4 ans. Et je dois avouer, sans trop pouvoir l’expliquer, que c’était l’une de leurs histoires préférées (?), et que sa lecture finissait toujours par me culpabiliser un peu…

Cette maman-là, c’était un peu moi, courant sans cesse, archi « speed », fonçant tête baissée d’une tâche à l’autre. J'aurais rêvé, à cette époque, de porter ces baskets supersoniques.

Aller vite, dans les moindres gestes de mon quotidien, dans l'exécution même de mon travail, dans mes déplacements, a longtemps été synonyme pour moi,  dans la première partie de ma vie professionnelle, de réactivité, d’efficacité, de performance, voire d’« intelligence », allant parfois jusqu'à toiser les « autres » ! Les autres, ce sont tous ceux qui avaient un autre rythme que le mien, ceux qui « comprennent vite mais à qui il faut expliquer longtemps », ceux qui sont toujours très lents à la caisse du supermarché, ceux qui avancent d'un pas tranquille dans la rue ou qui hésitent sur la voie à prendre dans les allées du métro parisien, bref tous ceux qui étaient susceptibles de freiner ma course folle…

10 ans de vie parisienne, dans le monde de la communication de surcroît, ont fini par me transformer en une vraie caricature, parlant vite, au téléphone notamment, parfois tellement vite que mon interlocuteur ne me comprenait même pas et me demandait de répéter (gênant pour l'attachée de presse que j'étais) ! Je me défendais toujours (tout en essayant vainement de ralentir mon charabia) en expliquant que je devais mon débit accéléré à mes origines espagnoles… Foutaise ! L’une de mes clientes, alors que j’étais déjà maman de ma première fille, m’avait même surnommée « La Machine ». J’en étais fière. Une belle revanche.

Car il faut dire que petite, j’étais plutôt tranquille, et définie par mes proches comme une petite fille « assez lente ». Brillante à l’école mais "lente dans la vie". Mon jeune oncle et mon grand frère ne rataient pas une occasion de me taquiner en me qualifiant même de « teugnarde », ce qui, en bon patois creusotin ( du Creusot en Saône et Loire), voulait dire « lente » mais de manière très péjorative ! Je ne trouve pas d’ailleurs, en écrivant ces lignes, d’équivalent en « bon » français. J’ai vite considéré ce quolibet comme une insulte et j’ai tout fait, dès lors, pour compenser ce que je prenais pour un vilain défaut. J’ai ainsi déployé beaucoup d’énergie dans les années qui ont suivi pour montrer aux autres que j’étais tout sauf « teugnarde » : vive, rapide, percutante, dans tous les domaines de ma vie mais en particulier dans ma vie professionnelle.

Quelle ironie de la vie de vouloir aujourd’hui (re)conquérir, non sans mal, cette part de lenteur en moi que j’ai tout fait pour masquer et étouffer… C’est un combat quotidien contre des années de rapidité et de réflexes comportementaux difficiles à oublier mais c’est aussi une très belle reconquête de qui je suis  vraiment et, finalement, d’une vraie liberté.

 

Et si nous posions nos  « baskets supersoniques » ?

 

Entre vous et moi, les yeux dans les yeux, quelle mère n’a pas un jour été débordée ?

Probablement aucune (en tous les cas, aucune maman qui a croisé ma route à ce jour), et certainement pas moi car bien que j’ai choisi aujourd’hui d’accompagner les mères débordées et de les aider à mieux s’organiser et à se réapproprier leur emploi du temps, je n’en reste pas moins une mère et une femme comme les autres, et j’ai aussi mes périodes plus ou moins intenses de débordement, de pression, de surmenage, comme nous toutes.

Ne dit-on pas d’ailleurs que les cordonniers sont les plus mal chaussés ?

La seule différence, peut-être, avec l'ex-maman débordée que j'étais, c'est qu'aujourd'hui :

-          je connais les raisons de mon surmenage : j'ai tendance par exemple (mais j'y travaille) à m'enthousiasmer rapidement et, immanquablement, à me créer toute seule beaucoup trop d'obligations, malgré mes efforts pour canaliser mon énergie et rester centrée sur « mon » essentiel.

  

-         j'en reconnais immédiatement les symptômes : comme ma mauvaise humeur qui naît d'une trop grande frustration accumulée et qui va grandissante, ou encore mon sentiment de découragement et mon envie cyclique d'envoyer balader une grande partie de mes obligations professionnelles, et enfin, signe qui ne trompe pas, ma mauvaise foi ! Quand je commence à être de mauvaise foi avec mon entourage et à ne plus être objective, je sens qu'il est temps pour moi de me poser et de revoir mes priorités.

  

-         et surtout je réagis au plus vite : je prends des mesures immédiates, j'allège sur le champ, dans la mesure de mes possibilités, mon agenda en annulant ou reportant tout ce qui peut l’être, et je fais un break en me coupant du monde et en me déconnectant. Même si ce break ne dure jamais très longtemps, il m'est toujours profitable.

  

-         Enfin, idéalement, je fais en sorte de prévenir ce type de situations avant qu'elle ne pointe le bout de son nez. Je n'y arrive pas toujours.

 

 

Et vous ? 

  

  

(Extrait du livre "Envie d'être zen et organisée ?" , paru aux Editions Tournez la page dans la collection "Femmes actives" en janvier 2013). 

 

 

 

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Signé par Zen et Organisée ! - dans Mamans débordées (ou pas)
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commentaires

Nini79 20/04/2013 09:52

Très intéressant ! merci pour cet extrait.
Bises et bon week-end.

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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)