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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:49

Working Girl Velo



Ce billet est un article invité de Céline, qui a contribué à mon livre en me livrant son témoignage, toujours pertinent, sur divers sujets. Elle avait profité d'un déplacement en TGV pour rédiger d'une traite 5 pages de témoignage ! J'avais beaucoup apprécié sa façon de raconter les choses, et sa vision à elle de la conciliation vie professionnelle / vie personnelle, sujet qui lui tient particulièrement à coeur. 

 

"Quand on regarde dans le dictionnaire, le cinq à sept, c'est une partie de jambes en l'air avec un homme qui n'est pas censé partager ce degré d'intimité avec nous. En pratique, je crois que le cinq à sept, pour beaucoup d'entre nous, ça évoque des moments bien moins glamour…

A l'époque où mon fils avait un an, je travaillais à Paris. La crèche fermait à 18h30. Je devais poser mon stylo, éteindre l'ordi et monter sur mon vélo. En pratique, j'avais toujours vingt bonnes minutes de retard, rien qu'au départ. Il y avait toujours un bavard qui débarquait dans mon bureau. Je ne parvenais pas à lui dire que je devais partir.

J'avais déjà l'impression de partir des heures avant tout le monde, et quelque part, je trouvais ça injuste. Plus tard, quand j'ai trouvé le truc pour mieux organiser ce moment (vous saurez comment en lisant la suite), je me suis rendue compte que c'était loin d'être vrai. Mais en ce temps-là, je n'avais pas le moyen de le vérifier. Quand j'avais enfin réussi à m'extirper du  bureau, je pédalais comme une folle pour arriver "à l'heure" à la crèche. C’est-à-dire la dernière.

Je revois encore mes coups de pédale effrénés pour arriver à l'heure.

Je pense que mises bout à bout, ces heures de méditation négative, de rumination, ont représenté une bonne part du stress de ma vie. Une fois à la maison, il me fallait encore démarrer le marathon des bains, repas à préparer, souvent dans l'urgence et la pagaille, et sans une minute pour souffler.

 

Le B-A BA d'un cinq à sept réussi

L'année suivante, j'ai pris une nounou le soir à la maison. Une personne qui ramenait mes enfants à la maison après la crèche ou l'école. Une révolution pour moi: même si j'essayais de ne pas rentrer trop tard, je n'avais pas à faire une montagne d'un petit quart d'heure de temps en temps (celui où le bavard débarque dans le bureau). La petite révolution s'est poursuivie quelques temps plus tard, quand j'ai accepté l'idée que si la nounou donnait le bain, ça serait un peu moins la course pour moi une fois rentrée.

Je me suis encore perfectionnée quelques années après (on n'arrête pas le progrès)  quand j'ai accepté l'idée que les devoirs aussi pouvaient être délégués à la baby-sitter (surtout si c'est un perle comme la mienne). Au lieu de passer une demi-heure d'affrontement et de lutte contre la fatigue face au bureau, j'ai un poids en moins en rentrant du travail si les devoirs sont faits, et bien faits, et je peux consacrer un peu plus de temps chaque soir à une activité plus agréable avec mon fils, qui d'ailleurs est parfois liée à l'école, mais pas toujours.

Au final, tous ces petits moments ont certes contribué à me faire rentrer un petit peu plus tard du bureau, mais en tous cas, mieux dans ma tete, avec une meilleure idée du "travail accompli", et je crois que mes enfants en ont profité à leur manière, en voyant leur mère plus souriante et sûre d'elle, sans dossier trucmuche en arrière-pensée dans la tête.

 

Champions du cinq à sept ?

On est vraiment devenus bons au cinq à sept, mon mari et moi, quand on s'est résolus à prévoir à l'avance les menus de chaque soir de la semaine. J'ai mis des années à m'y résoudre, tellement je trouvais ça plan-plan (ce qui est quand même le comble pour un cinq à sept !), mais en même temps, quel gain de temps et d'énergie que de se poser la question une fois et une seule dans la semaine. Solution idéale aussi pour regarder avec davantage de bienveillance le plat de pâtes qui se profile à l'horizon puisqu'on sait que demain, les légumes viendront à la rescousse pour redresser la moyenne de la semaine !

 

Le cinq à sept a tué mon couple !

Du trio 'temps pour moi', 'temps pour la famille', 'temps pour le couple', je crois bien que c'est le dernier qui pâtit souvent. Ce qui me gêne le plus dans les cinq à sept mode famille, c'est le fait de ne plus réussir à se parler! Lors des repas, les enfants racontent leurs journées, se battent, discutent…et nous, nous faisons la guerre à ces mauvaises habitudes: "ne nous interromps pas", "ne vous battez pas"…

Au final, j'ai rarement réussi à dire ce qui n'avait pas été dans ma journée avant de débarrasser la table, et je ne parle même pas de prendre des nouvelles de l'homme qui partage ma vie ! De là à se dire que la vieille habitude de ne pas laisser les enfants parler à table n'était pas si repoussante…

La meilleure solution que je puisse proposer pour ce problème, c'est la fuite ! Soit la plus lâche, en rentrant tard du boulot avec une tonne de dossiers à boucler (mais pour cela, il faudra demander à Diane de publier mon post sur la place des femmes au travail !). Soit la plus participative, avec option "baby-sitter" et un restau pour direction. Soit simplement la plus basique, en différant les repas des adultes après le coucher des enfants pour profiter d'un bon moment de calme.

Mais là, justement, c'est plus le cinq à sept : on est sauvés jusqu à demain !"

  

Qui es-tu, Céline ? 

Céline, une maman qui a mis du temps à trouver son propre équilibre entre travail et vie de famille, et qui a eu envie de partager son expérience après avoir découvert Zen & Organisée ! 

Après quelques années de tâtonnement, entre tentative de temps partiel et périodes de surmenage, j'ai enfin trouvé un équilibre qui me convient, celui qui me permet de m'épanouir au travail tout en étant présente autant que possible auprès de mes enfants.

Juste assez près d'eux pour être sûre de les voir grandir, juste assez au travail pour pouvoir s'y épanouir : un équilibre qui est propre à chacun(e) et dépend de chaque famille !

Pour cela, quelques sacrifices ont dû être apportés au projet initial pour gagner en sérénité. Mais au final, quand le compte est bon, on se dit que cela vaut la peine d'avoir opéré quelques additions et soustractions. La preuve par l'exemple avec le fameux épisode du 5 à 7 : celui qui, entre sortie d'école, repas du soir et fin de la journée de travail, a souvent raison de nos nerfs !

 

Source photo : Eric Ratiarison

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Signé par Zen et Organisée ! - dans Concilier vie pro et vie perso
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commentaires

Apolline 13/11/2012 23:37

Merci pour ce témoignage, très intéressant.

c'est drôle, on se dit plus facilement qu'une maman devrait être là pour le bain et les devoirs, alors qu'un papa est d'emblée excusé s'il ne peut pas quitter, son travail, lui!

Ce n'est pas pour dire qu'il y a une solution meilleure qu'une autre, et j'aurais moi-même beaucoup de mal à déléguer ces taches-là, mais je trouve ça super quand les mamans arrivent à trouver leur
équilibre :-)

Ce que je trouve vraiment dommage, en revanche, c'est qu'il n'y ait pas d'aménagement des horaires de travail des parents. Les mères qui partent plus tôt ou travaillent à temps partiel sont chez
nous culpabilisées, et c'est invivable.

J'ai des amies qui travaillent au Québec, et ça ne se passe pas du tout comme ça : tout le monde part du travail tôt, à partir de 15h, pas après 17h en tout cas.

Après un congé mater qui dure un an...en rajoutant la possibilité de grouper leurs heures sur 4 jours, ou de travailler de chez elles un ou 2 jours par semaine...voilà qui fait rêver!

delclos 13/11/2012 13:01

ce que vous dites est bien vrai, tous les choix sont possibles, et la culpabilisation n'est pas un outil efficace. Néanmoins, j'ai fait le choix des besoins de l'enfant, et j'aide au quotidien les
familles à explorer de nouveaux champs de réflexion pour mettre en adéquation les besoins, les désirs, les contraintes. Etre parent est loin d'être aisé, encore une idée qui nous est commune, et
c'est tant mieux. bonne continuation, merci pour votre réponse.
Karine.

delclos 13/11/2012 10:16

je lis pour la 1ere fois un de vos billet....qui me laisse un gout étrange... que je ne saurais définir...
finalement aujourd'hui, partir tôt, rentrer tard, déléguer pour moins stresser devient une certaine norme...travailler plus, gagner plus, et dépenser cet argent pour faire garder les enfants... je
travaille, j'ai 3 enfants, en plus de mon travail je monte ma société, et pourtant je ne délègue pas mon rôle de parent... car oui, pour moi, ne pas être là au bain, pour les devoirs, c'est un peu
oublier son rôle, son statut de parents. rôle que je ne réserve pas aux mères, on s'entend bien... vous voyez, dans un de mes emploi, je suis consultante en parentalité... si vous saviez ce que
certains enfants souffrent de cette absence, à l'insu même de leurs parents... d'autres choix sont possibles, pourtant.

Zen et Organisée ! 13/11/2012 10:31



Bonjour et bienvenue !


Je comprends ce que vous exprimez, néanmoins loin de moi l'idée à travers ce billet de défendre une voie plutôt qu'une autre, bien au contraire. Il s'agit ici d'un témoignage, celui de Céline,
qui a trouvé son équilibre  (et probablement celui de sa famille aussi) ainsi et c'est tant mieux.


Rien de plus délicat, et personnel, je dirais, que la question de la conciliation vie professionnelle / vie personnelle, je crois surtout que c'est à chaque famille de trouver la sienne, et cet
équilibre sera forcément différent d'une famille à l'autre.


Dans le cas de Céline, il vaut peut-être mieux qu'elle délègue le bain et les devoirs plutôt que de les "assurer" en étant sous (haute) tension, comme on le voit souvent... Ce que j'ai surtout
envie de montrer, ce sont des modèles différents : certaines s'épanouiront en arrêtant un temps ou pour plus longtemps de travailler pour être présentes auprès de leurs enfants, d'autres
essayeront aussi de travailler autrement, en se mettant à son propre compte par exemple pour être plus "libres" de leur temps (ce qui n'est pas toujours le cas), mais pour d'autres, ce n'est pas
toujours possible et doivent composer avec un poste à temps plein. Pour d'autres, enfin, leur épanouissement passera, et là on parle d'un choix assumé, par un poste à temps plein et s'organise en
conséquence. Pas de modèles uniques, pas de choix meilleurs q'un autre, des voies à trouver pour trouver "son" équilibre... Je fais toujours attention aux messages un peu culpabilisants ou
stygmatisants, je trouve que le quotidien des mères, et plus globalement des parents, est déjà assez compliqué comme ça.


D'autres choix sont possibles, en effet, vous le dites. Mais il faut que cela reste justement un choix, pour chacune et chacun d'entre nous...


Merci en tous les cas pour votre contribution.


Diane



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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)