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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 06:00

Audrey Akoun-copie-1

 

Pour ma première interview de la rentrée, je suis plus que ravie d'accueillir Audrey Akoun.

J'ai rencontrée Audrey il y a environ un an, nous avions longuement échangé par téléphone et j'avais fait le déplacement sur Paris pour participer à l'un des ateliers qu'elle anime avec sa complice Isabelle Pailleau sur le mind-mapping.  Elles ont créé toutes les deux la Fabrique à Bonheurs et sont également les heureuses auteures de  Apprendre autrement avec la pédagogie positive, paru aux Editions Eyrolles en mars 2013.

J'apprécie Audrey pour sa bonne humeur communicative, pour son enthousiasme et sa générosité non feinte. Elle fait partie de ces personnes que l'on dit "solaires". Et c'est exactement ça : Audrey rayonne ! Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'Audrey est également maman de 4 enfants.

Alors, forcément, j'ai voulu savoir quel était son secret pour tout gérer ...

 

Bonjour Audrey,

 

Qui es-tu ?

Bonjour Diane, Je m’appelle Audrey Akoun. Je suis Thérapeute Comportementaliste et Cognitiviste et thérapeute familiale. Je suis maman de 4 enfants qui ont 17, 14, 12 et 1 an et demi. J’ai fondé, avec Isabelle Pailleau , ma collègue et amie, la Fabrique à Bonheurs et ensemble, nous avons écrit « Apprendre autrement avec la Pédagogie positive » Ed. Eyrolles.

 

Comment t’est venue l’ingénieuse idée de créer la Fabrique à Bonheurs ?

Cela fait 10 ans que nous recevons en consultations, Isabelle et moi, beaucoup d’enfants en souffrance, des parents au bord de la crise de nerf, des enseignants au bout du rouleau et des adultes désabusés par leur travail.

 

Les ateliers, le livre, t’attendais-tu à un tel accueil du public ?

Sincèrement, nous savions depuis de nombreuses années que nous faisions du bon travail, à notre petite échelle. Cependant nous ne nous attendions pas à un tel succès à grande échelle. A chaque fois que nous aidions une famille, nous nous disions : « Chouette, 3 ou 4 personnes de plus qui vont mieux ! » Mais là, c’est génial de se dire que ce sont des milliers de personnes qui vont aller mieux, petits et grands. Nous sommes hyper touchées par les témoignages que nous recevons de nos lecteurs.

Autre surprise : Nous ne nous attendions pas à ce qu’autant d’enseignants soient aussi favorables à notre démarche. A tel point que l’Education Nationale nous demande de collaborer avec elle pour sensibiliser et former les enseignants à la Pédagogie Positive. Nous sommes fières de contribuer à faire bouger le système éducatif.

 

Comment l’expliques-tu ?

Nous pensons, Isabelle et moi, que notre approche répond à un besoin très fort chez les parents. Aujourd’hui, tout le monde aspire à plus de sérénité. Aujourd’hui, parents, enseignants et enfants, ressentent une pression trop forte de la société. Cette pression pèse sur tout le monde. Il faut être performant dans tous les domaines. Il y a cette peur quant à l’avenir. Ce qui a pour effet d’augmenter les attentes des adultes quant à la réussite scolaire des enfants. Ce système a pour fâcheuses conséquences de rendre les parents trop anxieux de la réussite de leurs enfants et engendre un stress constant concernant les apprentissages. Du coup, ils  pointent plus le négatif et essayent d’y remédier, plutôt de miser sur les talents naturels de leurs enfants en les encourageant. Au final, les devoirs deviennent un cauchemar et les enfants perdent confiance en eux ou se bloquent.

 

A quoi ressemble aujourd’hui une journée dans la vie d’Audrey Akoun ?

Et bien…. Je suis réveillée vers 7h30-8H par mon petit dernier qui réclame son biberon. C’est un moment que j’adore tout le monde vient se retrouver sur mon lit pour prendre le petit-déj. C’est vrai moment de partage familial. Bon ok, ça fait des miettes dans le lit, mais j’adore cette sensation de cocooning. Et c’est l’occasion d’échanger avant que chacun ne vaque à ses occupations. J’arrive au bureau vers 10h où je retrouve ma complice Isabelle. Et là c’est parti pour une journée bien chargée mais toujours différente. Entre les consultations, les formations, l’écriture (livre, blog etc.), les rendez-vous business et le pilotage de la fabrique à bonheurs, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Je rentre tard le soir (19h30-20h) alors je file en cuisine directement pour préparer le dîner. Mes enfants et mon mari restent avec moi dans la cuisine où nous nous racontons nos journées respectives. Nous essayons de prendre toujours le repas en famille en évitant de parler de travail et d’école. Nous avons un rituel qui consiste à dire chacun trois choses positives que nous avons vécues dans notre journée. Vers 22h, tous les enfants sont couchés (21h pour le bébé). C’est le moment où nous nous retrouvons avec mon mari pour profiter de la soirée en amoureux où chacun dans ses loisirs (musique, lecture, films). Je m’endors en général vers 1h du matin car je me garde toujours une petite heure pour travailler. Cette heure est consacrée à réfléchir à mes projets et à écrire.

 

Tu es maman de 4 enfants et tu gères à la fois ton activité de thérapeute, et celle de la Fabrique à Bonheurs, avec Isabelle Pailleau. Quel est ton secret pour tout gérer ?

 Je dors peu. J’ai pris cette habitude il y a longtemps. Je dors 6 heures par nuit.
J’ai aussi la chance d’avoir un mari (le papa de mon petit dernier) « féministe » (rires). Un homme qui a compris que mon développement professionnel et ma mission étaient très importants pour mon bien-être. Alors, nous partageons toutes les tâches qui concernent la maison et les enfants.

Nous avons aussi fait l’effort financier d’embaucher une personne pour nous aider. Je préfère rogner sur des choses matérielles et avoir cette précieuse aide qui me soulage pour l’entretien de la maison. Mes trois premiers enfants sont grands maintenant, et je les ai habitués très jeunes à participer et à être autonomes. Ils m’aident aussi avec leur petit frère.

 

Parviens-tu à te préserver quelques moments bien à toi ? Comment recharges-tu les batteries ?

Comme tu l’imagines, ce n’est pas évident. Sachant que je consacre mes week-ends entièrement à ma famille, je me dégage du temps le soir quand ils sont couchés et aussi de temps en temps dans la journée. Parfois avec Isabelle, nous faisons « l’école buissonnière » et nous allons 2h en plein après-midi au cinéma puis nous retournons au bureau. J’essaye de déjeuner 1 fois par semaine avec mes amis. Avec Isabelle, nous avons trouvé un cours de yoga à côté du bureau. Nous allons en faire tous les jeudis de 9h à 10h avant de commencer la journée.

 

T’arrive-t-il de recevoir, dans le cadre de ton activité de thérapeute, des femmes, des mères en particulier, qui sont au bout du rouleau, épuisées par le quotidien ? Que pourrais-tu leur conseiller, même si évidemment chaque situation est unique ?

Depuis 10 ans, je reçois beaucoup de mamans en burn-out ou limite. J’aime particulièrement aider ces femmes car j’ai moi-même été une maman au bout du rouleau il y a 13 ans. J’avais 2 enfants en bas âge, un métier qui ne me plaisait pas et me pressurisait comme une cocotte minute et je n’avais pas beaucoup de soutien autour de moi. Je passais ma vie à être épuisée et à culpabiliser. Un jour, je me suis dit qu’il fallait que j’ai le courage de changer. J’ai repris des études pour exercer ma passion et j’ai mis des limites dans ma vie privée pour arrêter de me faire bouffer. Pour les conseils, je trouve que ceux que tu donnes dans tes formations sont vraiment très bien (rires) alors quoi ajouter de plus ? Arrêtez de vous mettre la pression pour vous conformez à l’image stéréotypée que la société et votre famille attendent de vous. Si vous avez tendance à être corvéable à merci, demandez-vous quel bénéfice vous en tirez (peut-être de donner une bonne image et d’y trouver de la reconnaissance  (ou pas d’ailleurs)?) et dans un deuxième temps si le prix à payer en vaut vraiment le coup.

 

Les enfants viennent de faire leur rentrée. Si tu avais un seul et unique conseil à donner aux parents stressés que nous sommes, quel serait-il ?

Certains parents se projettent déjà de manière un peu anxieuse: entrée à la maternelle, au CP, au collège, au lycée… Mais qu’est ce qui déclenche si fort cette appréhension chez nous pauvres parents ? Ou devrions-nous dire qu’est ce qui (re)déclenche quasi chaque année l’appréhension de la rentrée ? La première séparation d’avec notre "bébé" pour l’entrée dans la jungle de la "grande cour" ? L’entrée dans la lecture ? Lira, lira pas ? Ecrira, écrira pas ? Le collège où notre chérubin devra s’adapter à un emploi du temps et à une multitude de professeurs ? Comment pourra t-il réussir puisqu’il ne sait même pas organiser le rangement de ses legos dans la bonne boite ? Mais attention que nos projections intempestives et attentes anxieuses ne paralysent pas nos petits qui auront à coeur de les réaliser.  Essayons de rester positif et détendons-nous. Tout ne se joue pas dans les premiers jours. La phase d’apprentissage c’est long et rien n’est jamais définitif. Nous avons vu des enfants avoir le déclic 2 mois avant le bac et qu’ils l’ont eu alors que toute leur scolarité a été plus que chaotique.

 

Allez, je te pose la question : es-tu plutôt "zen" ou "organisée" ?

Sans hésiter : plutôt zen !!!! Je suis une incorrigible optimiste et j’ai fait un gros travail sur moi pour me libérer de certaines contraintes sociales qui me tuaient à petit feu. J’ai tordu le cou à ma culpabilité en acceptant d’être une femme et une mère imparfaite.
Par la force des choses, je dois m’organiser mais j’avoue que ce n’est pas ce que je préfères. Je reconnais néanmoins, qu’une bonne organisation permet d’être zen.

 

Quels sont tes projets pour 2014 ?

Sur le plan professionnel, un deuxième livre, toujours avec ma complice Isabelle, qui devrait sortir en mars 2014, le développement de la Fabrique à bonheurs et un voyage familial pour les 18 ans de mon grand.

 

Que peut-on te souhaiter de plus ?

Rien car je suis comblée. J’ai tellement de gratitude pour la vie et toutes les merveilleuses personnes qui m’ont donné leur soutien dans les moments difficiles et le courage d’oser vivre cette vie et d’aller au bout de mes rêves.


 Merci Audrey !

 

www.lafabriqueabonheurs.com

 

Apprendre autrement avec la pédagogie positive déf

 


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Signé par Zen et Organisée ! - dans Interviews et portraits de femmes
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commentaires

NiniDS 14/09/2013 14:46

Une interview intéressante d'une "belle" personne ; la lire donne la pêche...
Bises, bon week-end.

Zen et Organisée ! 14/09/2013 18:39



Bon week-end à toi, Nini !



Jeannele 09/09/2013 10:23

Merci de nous avoir fait découvrir Audrey Akoun.
Je suis très curieuse de découvrir ce qu'elle fait car je me dis que cela pourrait apporter une aide et une autre approche pour mon fils qui est dys

Zen et Organisée ! 09/09/2013 12:37



Avec plaisir, Jeannele !


Le mieux est d'aller en effet sur leurs site et blog, tu trouveras toutes les infos dont tu as besoin.



céline 09/09/2013 09:45

Merci pour cet interview j'adorerais lire ce livre...juste pour m'en inspirer de temps en temps car je ne suis pas une adepte d'une seule méthode...:)

Zen et Organisée ! 09/09/2013 12:36



C'est une bonne idée ! Leur livre est vraiment intéressant, j'avais beaucoup aimé. Comme leurs ateliers, d'ailleurs.



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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


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