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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 05:20
Le test du marshmallow : la maîtrise de soi, ça s'apprend !

 

Imaginé par Walter Mischel dans les années 60 à l’université Stanford, le test du marshmallow consiste à proposer à de jeunes enfants un marshmallow à déguster immédiatement ou à en recevoir deux s’ils ont été capables d’attendre un quart d’heure et de résister à la tentation.

 

Pendant près de quarante ans, Walter Mischel a suivi un échantillon de ceux qui ont su patienter et de ceux qui n’ont pas pu… Les résultats sont impressionnants : ils mettent en lumière des mécanismes méconnus de notre volonté. Ils prouvent que le contrôle de soi est intimement lié à un meilleur fonctionnement cognitif et social, à une plus grande confiance en soi, et souvent révélateurs de succès futurs.

Apprendre à différer son plaisir et savoir maîtriser ses émotions sont des compétences fondamentales pour réussir sa vie.

 

Ce test, qui est l’une des plus célèbres études de psychologie au monde, nous concerne tous :

Entre un plaisir immédiat mais éphémère et un bonus à long terme, que choisissez-vous ?

 

30 % des enfants ont réussi à attendre le retour du chercheur, 10 à 15 minutes plus tard. Bien que soumis à la tentation, ces derniers avaient trouvé une façon de résister : au lieu d’être obsédés par la guimauve qu’ils avaient tous les yeux (« le stimulus chaud »), les enfants ont essayé de détourner leur attention en se couvrant les yeux, en jouant à cache-cache sous le bureau ou en chantant des chansons. « Leur désir n’a pas été vaincu, il a simplement été oublié », souligne Mischel.

La clé est donc d’éviter de penser à la guimauve.

 

Le test du marshmallow a montré que la maîtrise de soi dépend d’une compétence essentielle : « la répartition stratégique de l’attention ».

 

Je vous invite à visionner ici la vidéo d’une reproduction de ce test. Attention, âmes sensibles, s'abstenir ! Mon petit coeur de maman fond quand je vois ces petits bout'choux tenter de résister... avec plus ou moins de succès ;-)

 

 

 

Le biais du présent

 

Nos bonnes résolutions sont en réalité paralysées par ce qu'on appelle le « biais du présent ». Les psychologues parlent du biais du présent pour caractériser le fait que nous sommes souvent bien incapables de comprendre que ce que nous voulons à long terme et ce que nous voulons maintenant ne sont pas la même chose. En bref, que nos désirs présents nous empêchent d’obtenir ce qui est bon pour nous à long terme !

Le biais du présent explique pourquoi vous préférez vous délecter d’un bon gâteau au chocolat plutôt que d’une pomme en fin de repas, ou dépenser pour vous offrir un plaisir immédiat plutôt que de mettre de l'argent de côté.

 

La solution résiderait donc dans notre capacité à différer le plaisir, et à développer et mettre en œuvre notre maîtrise de soi.

 

 

 

Une maîtrise de soi qui s'apprend par l'exemple 

 

 

 

 

Rafraîchir le présent, réchauffer le futur

 

Nous avons compris, à travers l'expérience de Walter Mischel, que résister à la tentation est difficile, pour les adultes mais encore plus pour les enfants.

 

Notre système chaud, fortement focalisé sur le présent, prend en compte la totalité des avantages d’une gratification immédiate mais il sous-estime les récompenses différées.

Si nous voulons reprendre le contrôle de nous-mêmes, il nous faut inverser le processus en refroidissant le présent tout en réchauffant le futur.

Les enfants de maternelle à fort report, c’est-à-dire ceux qui ont pu résister le plus longtemps possible à la tentation, nous montrent comment faire. Ils apaisent la tentation brûlante de saisir la sucrerie en s’éloignant physiquement d’elle. Ils la repoussent de l’autre côté de la table, pivotent sur leur chaise et lui tournent le dos. Ils inventent des distractions tout en gardant leur objectif en tête.

 

Quel que soit notre âge, nous avons les capacités de développer notre maîtrise de soi en repoussant mentalement la tentation au loin, dans l’espace et dans le temps, et en rapprochant l’impact différé au plus près.

Walter Mischel, l’auteur de l’expérience, explique que des volontaires souffrant d’un appétit trop important pensent à « plus tard » et aux conséquences à long terme s’ils cèdent à leur fringale (« Je deviendrai trop gros »), ils perçoivent une baisse de leur folle envie de manger.

 

Très intéressant, me direz-vous, mais que peut-on faire concrètement pour notre enfant ?

 

Un cerveau malléable

 

Principalement, donner l’exemple.

 

Les enfants sont profondément influencés par les comportements des adultes : maîtrise de soi ou absence de maîtrise de soi, capacité à gérer le stress, les frustrations et les colères ; critères utilisés pour évaluer ses propres succès ; empathie et sensibilité aux émotions d’autrui ; attitudes, ambitions, valeurs ; trop ou pas assez de discipline, etc.

En suivant l’exemple de ses parents, l’enfant apprend un éventail de réactions possibles face à une liste interminable de défis. Au cours de sa croissance, il sélectionne parmi ces réactions celles qui lui conviennent plus particulièrement et les accommode à sa sauce.

 

Grâce aux récentes découvertes des neurosciences, notre cerveau, nous le savons désormais, est en réalité « plastique », ou malléable. Il se modifie physiquement au cours de notre existence, et pas seulement durant l’enfance d’ailleurs.

 

C’est avant tout l’expérience qui modèle notre cerveau.

 

Même à un âge avancé, nos expériences modifient la structure physique de notre cerveau. Lorsque nous vivons un événement, nos cellules neuronales s’ « activent ».  En s’activant, elles créent de nouvelles connexions entre elles. Avec le temps, les connexions qui résultent de ces activations conduisent à un nouveau câblage cérébral. Cela signifie que nous ne sommes pas prisonniers pour le reste de notre vie du fonctionnement actuel de notre cerveau, nous pouvons le recâbler et espérer être plus heureux et en meilleure santé.

 

En ce moment-même, le cerveau de votre enfant est sans cesse connecté et reconnecté, et les expériences que vous lui faites partager pendant sa croissance déterminent la structure de son cerveau.

 

 

Lui faire prendre conscience des conséquences de ses choix

 

Tout choix entraîne des conséquences et il appartient aux parents de faire comprendre à leur enfant que ses choix ont également des conséquences. Ils ont en effet tout intérêt à lui expliquer le plus tôt possible que ses choix lui appartiennent et que chacune de ses décisions aura une conséquence.

 

Un choix judicieux aura des conséquences souhaitables.

 

Un choix inapproprié aura des conséquences non désirables.

 

Confier à son enfant la gestion d’un petit budget d’argent de poche, par exemple, est un bon exercice qui facilite cet apprentissage :

 

Si je dispose de 10 euros et que je décide (un choix) de les dépenser immédiatement en m’achetant une bricole et des bonbons, je serai content mais je prends conscience aussi que je n’aurai plus d’argent pour m’en acheter d’autres la semaine prochaine. Je devrai attendre le mois prochain. Est-ce que je préfère tout dépenser de suite ou en dépenser un peu aujourd’hui et en garder pour la semaine prochaine ?

 

En prenant conscience des conséquences de mon choix, je peux choisir en toute conscience et je peux en assumer les conséquences, qu’elles soient positives ou négatives.

 

 

 

 

  • Pour aller plus loin !

Je vous invite à ce titre à visionner la vidéo d’une reproduction de ce test ici : https://www.youtube.com/watch?v=xybQrxvpOnY)

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commentaires

Lily la Plume 20/09/2016 05:57

Merci merci pour cet article éclairant..... des choses que l'on pressent mais qu'il est utile d'analyser comme vous le faites ..... :)

NiniDS 15/09/2016 08:42

Article très intéressant, merci pour le partage.
L'exemple des parents est important, je suis bien d'accord, mais pas forcément efficace à 100%, puisque tous nos enfants sont différents et ne réagissent pas forcément de la même manière à notre exemple...
En ce qui concerne les pulsions d'achat (qui concernent plus les adultes), ne pas oublier que la publicité a très bien compris comment actionner le levier "envie immédiate, pas de frustration" en essayant de nous faire croire que tout est possible tout de suite, "vous paierez plus tard..." "ce n'est que X euros par mois (sans dire combien cela coûte à long terme)", etc. et vu le nombre d'adultes qui se précipitent en achetant tout de suite, quitte à être surendettés, il y a beaucoup d'adultes qui n'arrivent pas à résister à la tentation...
Détail amusant : j'aime les marshmallow, mes titis pas du tout !!!
Bises, belle journée.

Marie Maucort 12/09/2016 13:56

Merci Diane pour cet article trés intéressant ! On n'est pas tous égaux face à la tentation; certaines techniques de méditation permettent de développer notre observation du désir, donc de mieux le gérer et développer l'équanimité vis a vis des bonnes experiences comme des mauvaises. Trés utiles au quotidien !

Zen et Organisée ! 12/09/2016 20:55

Oui, très juste ! Merci Marie pour cette contribution :)

Virginie 12/09/2016 12:58

Bonjour Diane,
Merci beaucoup pour cet article très intéressant, clair et bien documenté.
Il m'ouvre une porte d'action pour mon fils de 10 ans et moi-même, et pas seulement sur le grignotage!
A bientôt de vous lire.
Virginie.

aaahcestdurdetremaman 12/09/2016 10:44

Article très intéressant, merci. Je vais peut être le tenter avec mes enfants mais avec du chocolat parce qu'ils sont pas fans des marschmallows ;-)
Avec le chocolat, même moi j'aurai du mal à resister

Zen et Organisée ! 12/09/2016 10:52

Je te rassure, moi non plus... ;)

           LR3-0332.jpg

                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)