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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 05:55
Je carbure à l'urgence mais je me soigne !

 

Je fais tout au dernier moment

 

Il y a ceux qui anticipent, prévoient de la marge… et les autres. Ceux qui ne fonctionnent que dans l’urgence.

Faites-vous partie de ceux qui, mis au pied du mur, s’y mettent toujours à la dernière minute et qui se lancent dans THE opération commando digne de l’Agence Tous Risques pour faire en trois jours ce qu’ils auraient pu faire en plusieurs semaines :

« Bon, plus le choix, cette fois, je m’y mets ! Je prends le taureau par les cornes, je mets les bouchées doubles, je coupe mon téléphone, désactive mes notifications et je me fais couler trois ou quatre cafés bien forts car cette nuit, c’est sûr, je vais passer la soirée et la nuit à bosser… »

A priori oui, si vous avez tendance à procrastiner car les procrastinateurs, que la perspective de nuits blanches à bosser n’effraie pas, sont passés maîtres dans l’art de tout faire au dernier moment !

Si vous aussi vous êtes accro à la caféine et aux nuits blanches, si vous êtes de ceux qui font la queue devant le bureau de poste pour poster la déclaration des revenus avant minuit, « cachet de la poste faisant foi », rassurez-vous, vous n’êtes pas tout seul :

Selon un sondage OpinionWay et Comprendre Choisir, près de quatre contribuables sur dix (39%) attend les derniers jours pour envoyer sa déclaration papier d'impôt sur le revenu. L'exercice est une réelle source d'angoisse pour de nombreux foyers. L'étude relevait même une envie de quitter le pays pour près de 47% de Français (1 français sur 2 tout de même) à cause de ce moment désagréable.

 

L'urgence me stimule

 

« Je travaille mieux sous pression »Combien de fois ai-je entendu cette phrase qui m’a toujours laissé un peu dubitative…

Au-delà de la peur de la sanction, ce type d’affirmation peut davantage révéler un excès de confiance en soi (« Je suis trop fort ! »), voire un sentiment de toute-puissance qui à mon sens fonctionne durant un temps mais certainement pas dans la durée.

Virginie, par exemple, est ainsi convaincue d’avoir un réel talent lui permettant de tout faire à la dernière minute !

Comme Virginie, nous nous y mettons lorsque nous n’avons plus le choix.

N’oublions pas que travailler dans l’urgence, bien qu’hautement énergivore et épuisant pour l’organisme, est d’abord valorisant. Avoir l’air débordé, courant d’une réunion à l’autre, jonglant entre notre téléphone, notre smartphone et la messagerie, une pile de dossiers bien épais en main, est, à l’ère de l’urgence, considéré comme un avantage social qui nous rend important aux yeux des autres.

Mais travaille-t-on véritablement mieux sous pression ?

Celle qui ne savait travailler que dans l’urgence !

Dans deux jours, je suis sensée rendre mon rapport de stage. Je viens de passer une bonne partie du week-end dessus et s’il est en grande partie rédigé, il y a encore bien des points à peaufiner, vérifier. Je me mettrais bien quelques coups de pied aux fesses si j’étais assez souple pour avoir attendu le dernier moment. Impossible de travailler autrement que dans l’urgence, comme si j’avais besoin d’avoir un couteau sous la gorge pour m’y mettre une bonne fois pour toutes, comme si sans cette adrénaline pâtinée de stress j’étais dans l’incapacité totale d’avancer. Il suffit que je sache que j’ai encore du temps devant moi, un délai pour que je remette à plus tard.

Cette sale manie ne date pas d’hier. Je me souviens le bourrage de crâne les quelques jours avant le bac plutôt que de commencer à revoir les cours bien en amont. Je me souviens des exposés à science po que je buchais avec un autre procrastinateur en puissance quasiment la veille nous occasionnant au passage quelques frayeurs et plusieurs nuits quasi blanches. Au final, on a eu des résultats plutôt bons.

J’ai beau savoir que travailler ainsi n’est pas confortable, que je vais attraper au passage quelques poussées d’angoisse, je n’arrive pas à planifier. Mon manque de motivation pour ce genre de travail scolaire doit y être pour quelque chose mais ce n’est pas une excuse.

Tiens là tout de suite, je devrais continuer à revoir ma copie, écrire cette transition et cette conclusion qui manquent mais je suis là à bloguer en pensant qu’il me reste encore deux soirées, une fois que les enfants seront couchés….incorrigible.

Le témoignage d'une "Chocoladdict"

 

Je suis accro à l’adrénaline !

 

En anglais, le terme « adrenaline junkie », littéralement « accro à l’adrénaline », est très largement utilisé pour désigner les amateurs de sensations fortes. Généralement, nous trouvons ces mordus du danger avec un parachute sur le dos, prêts à sauter d’une falaise, ou dans une voiture de sport, testant les limites de leurs bolides. Mais en fait, la montée d’adrénaline peut s’obtenir à partir de n’importe quelle situation où le danger est plus important qu’en temps normal.

C’est exactement ce que font les « retardataires chroniques » en attendant la toute dernière minute pour passer à l’action : ils se mettent en danger de ne pas réussir à « livrer » à temps et se lancent le défi d’y parvenir ! « Si je réussis, je suis trop fort ! »

Leur attitude borderline leur procure une dose non négligeable d’adrénaline et de frisson qui peut finir par les rendre dépendants à l’urgence.

L’adrénaline, également appelée hormone épinéphrine (souvenez-vous de la grosse piqûre plantée d’un coup sec dans le cœur d’un patient en arrêt cardiaque pour le réanimer dans la série « Urgences » !) est une hormone naturelle qui va augmenter nos capacités afin de nous rendre plus puissants physiquement et mentalement dans une réaction de fuite ou de combat face à un stress. On l’appelle d’ailleurs aussi l’hormone aux trois « F » (« Fear, Fight or Flight »).

L’hormone, fabriquée par nos glandes surrénales, provoque une augmentation de la fréquence cardiaque, de la force musculaire, de la pression sanguine et l’« éclatement » des sucres pour libérer de l’énergie. Ces injections d’adrénaline dans la circulation sanguine sont appelées des « bouffées d’adrénaline ».

Un effet qui peut durer plusieurs heures et peut rapidement nous rendre dépendants…

C’est cette même dépendance que l’on retrouve chez les accrocs à la course à pied et à la performance sportive en général.

Certes, carburer à l’adrénaline procure des sensations fortes mais les effets néfastes dépassent de loin les avantages.

En effet, un rythme de vie effréné donne l’impression de pouvoir accomplir plus. Malheureusement, l’adrénaline détruit la capacité naturelle du corps à performer à long terme.

 

 

Veillez avant tout à accepter des échéances réalistes ! Apprenez à connaître vos limites et devenez plus raisonnables en acceptant des échéances que vous pourrez réellement tenir, sans vous épuiser !

A l'approche de la rentrée, ce sera assurément le meilleur moyen de tenir le rythme dans la durée.

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Signé par Diane de Zen et Organisée ! - dans Je carbure à l'urgence
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commentaires

Virginie 11/09/2016 16:35

Bonjour Diane,
J'étais une grande accro du dernière minute jusqu'à il y a peu. Je me reconnais quand tu dis que ça nous valorise. Et de mon côté, c'était du à un manque de confiance en moi qui me poussait à me valoriser de cette façon.
Depuis que je n'ai plus besoin de ce genre de chose pour me sentir bien dans ma peau, je revis!
J'ai appris à m'aimer telle que je suis réellement et à m'organiser. J'ai aussi appris à écouter mes limites et à ne pas charger la mule au delà du temps dont je dispose.
Quel confort! Quel bien-être! Bien plus puissant et stimulant que l'adrénaline!
A bientôt de te lire.
Virginie.

Zen et Organisée ! 12/09/2016 10:51

Ah, super ! Merci pour ton partage d'expérience, Virginie :)

NiniDS 09/09/2016 11:20

J'admire ceux qui font tout à la dernière minute et qui s'en sortent haut la main... je ferai plutôt partie des tortues, qui s'y mettent lentement, poursuivent à petits pas, mais qu'une échéance rapide, une urgence paralyse plutôt que stimule... (seule exception : quand il y a un danger immédiat, là, pas de réflexion, j'agis... je ne connais personne qui soit sans réaction quand son enfant risque de se brûler, par exemple)...
Bises, belle journée.

Léa 07/09/2016 10:23

Tu n’es pas la seule à tout faire au dernier moment. C’est surtout stressant…

Sandrine Cousette 29/08/2016 11:05

Je rajouterais une raison supplémentaire pour faire au dernier moment: je travaille plus vite et de manière plus efficace si je vois la deadline toute proche alors que je vais avoir tendance à travailler plus et plus lentement sur un dossier si je m'y prends trop tôt (la fameuse loi de parkinson qui pose que tout travail augmente jusqu’à occuper entièrement le temps qui lui est affecté). Mais bon je reconnais que c'est au prix d'un stress et d'une prise de risque qui peut devenir désagréable donc j'essaie malgré tout de lutter (mais sans culpabiliser quand même) contre mon penchant naturel ^^

Sissi 29/08/2016 10:55

C'est le lot des procrastineurs(ses) dont je fais hélas partie. Je réfléchis longtemps avant de m'y mettre à la façon dont je vais procéder en visualisant le résultat et au final je fais les choses au dernier moment.

passiflora 29/08/2016 10:39

Je ne suis pas pour le constat excès de confiance en soi. Je fonctionne comme cela à cause d'un manque de confiance en moi justement....

Lysie 29/08/2016 08:25

Personnellement, travailler dans l'urgence c'est absolument pas mon truc. Au contraire, ça me stresse et du coup, je fais des erreurs.
J'aime bien m'organiser de façon à finir mon travail au moins une journée avant le jour où je dois le rendre sinon c'est l'horreur !
Je n'ai jamais compris les gens qui disait "l'urgence me stimule !"

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                       Diane BALLONAD ROLLAND

                      contact@zen-et-organisee.com

 

Face à l'accélération du temps, prenons le temps de nous poser, osons ralentir, en soi, chez soi mais aussi au travail, et commençons à nous réapproprier consciemment notre temps !

 

Maman de 3 enfants, je suis Coach, Consultante et Formatrice en Organisation Personnelle et Gestion du temps. 

 

Créé en 2010, ce blog propose, à travers des articles, des interviews ou des ateliers interactifs en ligne, une réflexion et des pistes concrètes pour changer notre regard sur le temps, apprendre à ralentir, nous recentrer sur nos vraies priorités, prévenir l'épuisement et trouver un meilleur équilibre entre les exigences de la vie professionnelle, les obligations de la vie familiale et nos aspirations personnelles.


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante." (Antoine de St-Exupéry)